Événement : Plantes médicinales : des défis à l’horizon

Avec un marché mondial estimé à 64 milliards de dollars, la filière des plantes médicinales et aromatiques  est devenu un enjeu stratégique pour l’agriculture marocaine. D’où l’intérêt du Crédit Agricole, organisateur d’une journée de «promotion de l’investissement dans la filière des PMA », le mercredi 4 avril 2007. Le Maroc compte actuellement  4200 plantes, dont 800 utilisées, qui possèdent un potentiel et un savoir-faire traditionnel.
Des contraintes existent cependant, rappelle le Pr Hmamouchi, directeur de l’Institut national des plantes aromatiques de Taounate et coordonateur national du réseau marocain des Plantes médecinales et aromatiques : «l’absence d’organisation de la filière, la non-maîtrise des technologies et de la qualité, le manque d’encadrement, de formation et d’incitation, l’absence de stratégie de valorisation socio-économique, de législation, d’incitation, d’innovation et le manque de stratégie commerciale», sont, aux yeux du professeur, les obstacles qui entravent le développement de la filière.
Pourtant, comme l’ont rappelé les experts présents, ce secteur se trouve aujourd’hui à un tournant avec des demandes importantes et des contraintes de qualité et d’approvisionnement. Contrairement à ce que l’on pense, l’économie du naturel dans la parfumerie, la cosmétologie et la médecine ne se limite pas uniquement à l’agriculture ou aux plantes de cueillettes, mais c’est aussi «l’industrie de transformation qui conditionne une valeur ajoutée très élevée.
L’exemple de la France est très significatif avec près de 3000 producteurs, 160 distilleries, 6000 personnes dans l’industrie de la parfumerie ou des arômes alimentaires, réalisant un milliard d’euros de chiffre d’affaires, avec une position mondiale en ce qui concerne le travail de produits naturels pour la parfumerie. En représentant cette expérience française durant cette journée de promotion, Michel Cross, directeur du Comité Economique des plantes médicinales, est revenu sur les défis qui se posent à cette activité, notamment une demande appelée rapidement à croître.
Différence notable cependant entre la France et le Maroc, l’Institut des plantes médicinales ainsi que différentes structures afférentes à l’activité sont financés par les cotisations des industriels. Au Maroc, l’Etat fournit la totalité du budget de l’institut national des plantes médicinales et aromatiques.
Aujourd’hui, dans son essor, la filière doit vaincre certains problèmes. «Bien que plusieurs acteurs, plusieurs programmes sporadiques soient financés par des organismes nationaux et internationaux, on constate la limite de ces approches de développement strictement sectorielles, isolées et non intégrées et le dysfonctionnement qui génère la grande dispersion des efforts, des ressources et des intervenants dans le secteur des PMA», relève le professeur Hmamouchi. La coordination des activités s’avère donc déterminante.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *