Exit Lakhouaja

Exit Lakhouaja

Juste après la fin des travaux du conseil d’administration tenu à Tunis de la société Priap (propriétaire de l’hôtel Palais des roses international à Agadir), Cheikh Abdallah Saleh Kamel s’est immédiatement envolé pour le Maroc dans la soirée du mercredi 11 novembre. Le président du groupe saoudien Dallah Al Baraka devrait s’entretenir avec le Premier ministre Driss Jettou au sujet des derniers développements de ce qu’il convient d’appeler désormais l’affaire Azeddine Lakhouaja (voir ALM n° 509 du jeudi 6 novembre) mais aussi de l’avenir des investissements du groupe dans le Royaume. La démission de M. Lakhouaja de ses fonctions au sein du groupe ne signifie pas pour autant la fin des problèmes créés par l’ex-associé de Cheikh. La foultitude de fournisseurs, qui ont participé à la construction de l’hôtel Palais des Roses, attend toujours d’être payée. Un hôtel pour lequel Cheikh Abdallah Saleh cherche un repreneur. Entreprise d’autant plus difficile que cet établissement, truffé d’imperfections techniques, fait en plus l’objet d’un litige commercial devant la justice. Il s’agit de la convention de location signée entre la société Palais des Roses international représentée par Azeddine Lakhouaja et la société Palm Dorint Hôtel représentée par Rochdi El Bouab. Montant annuel du loyer : 4 millions de Dollars US. Or, le propriétaire ne respectera pas les clauses du contrat : retard dans la livraison de l’hôtel à la date initialement prévue du 1er juillet 2002. Ce qui a causé un préjudice financier énorme pour Dornit évalué à plusieurs millions de Dirhams. Rajout de constructions supplémentaires non prévues dans le plan (deux villas notamment) qui ont gêné la vue sur mer, non livraison de plusieurs types de matériels (exploitation, conférence) et d’outillage technique… Sans compter les nombreuses défaillances comme les coupures d’eau chaude, d’électricité et les imperfections constatées dans nombre d’équipements (mobilier, boiserie, plomberie, climatisation…). La liste des incohérences et des défectuosités est longue qui font que l’hôtel ne mérite pas aux yeux du locataire le standing de 5 étoiles. D’où la demande de Dorint de désigner un expert pour procéder à une évaluation technique de l’établissement. Demande que le propriétaire a non seulement refusé mais s’est permis, de surcroît, de poursuivre Dorint en justice sous prétexte qu’elle ne veut pas s’acquitter du loyer et du montant de la caution. L’arrêté prononcé par la Justice le 1er juillet 2003 donnera raison au propriétaire, à la grande surprise du locataire qui a été ainsi appelé à restituer l’établissement. Les passations auront lieu une demi-heure après l’annonce du verdict entre Azeddine Lakhouaja et le directeur de l’hôtel Abdou Belkebir alors que celui-ci n’avait pas les pouvoirs de procéder à ces passations vu qu’il est salarié de Palm Dorint. M. Belkebir était-il de mèche avec M. Lakhouaja ? Fait troublant, ce directeur a émis des chèques qu’il a signés seul en faisant fi de la double signature (celle du président de son employeur, le président de Dorint) pour régler certains fournisseurs. Une tentative de détournement de fonds selon M. El Bouab qui a constaté par la même occasion la disparition de la somme de près de 670.000 Dhs des caisses de l’hôtel. Après avoir réussi à écarter Palm Dorint de la gestion de l’hôtel, Azeddine Lakhouaja monte une société du nom de Helios International dans laquelle il est majoritaire. En sa qualité d’actionnaire à Priap (49 % et 51% pour Cheikh Saleh), il signe un contrat de location avec sa propre entreprise Helios sans produire de garantie ni verser de loyer. Ensuite, Helios signe un contrat en franchise et assistance à la gestion avec Le Méridien. Dans une lettre (datée du 2 juin 2003) adressée à Cheikh Saleh, Rochdi El Bouab dévoile les plans peu nets de son ex-associé qui a exprès évincé Palm Dorint pour récupérer l’hôtel pour son compte personnel. Dans cette lettre, le président de Palm Dorint soumet au patron de Dallah El Baraka une nouvelle offre très intéressante pour être rétabli dans ses droits de locataire légitime du Palais des Roses.

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