Export agrumes: Réguler l’offre pour mieux vendre sur le marché canadien

Export agrumes: Réguler l’offre pour mieux vendre sur  le marché canadien

Les importateurs canadiens suivent de près les exportations marocaines d’agrumes. La suspension des expéditions de l’origine Maroc à destination des Etats-Unis, suite au refoulement d’une cargaison pour présence de mouche blanche, les laisse plutôt préoccupés.

«En 1991, un incident s’était produit et les expéditions ont été réacheminées vers le Canada», rappelle un importateur canadien. Ce qui inquiète les professionnels canadiens ce n’est pas tant la cératite -le marché canadien n’étant pas un marché de quarantaine de la mouche méditerranéenne- mais plutôt l’acheminent de la totalité des flux destinés à l’Amérique du Nord vers le Canada. «Le Canada est un petit marché qui sature vite, il est important donc de réguler l’offre et éviter d’inonder le marché», souligne un professionnel canadien.

Justement les 20.000 tonnes des variétés Nour et Nadorcott restant à vendre sur le marché nord-américain seraient destinées d’ores et déjà, étant donné la situation au marché canadien. Aussi les acteurs du marché craignent des retombées négatives sur les prix en raison d’une offre renforcée. Pour l’heure le marché se maintient, de l’avis des importateurs. Sur le marché du détail, le colis de 1,8 kg est au prix de 3,99 à 5,99 dollars canadiens et les ventes à venir de la variété Afourer, appelée aussi Nadorcott, s’annoncent bien. Il faut dire que l’origine Maroc continue à être très appréciée par les acheteurs canadiens et les consommateurs en raffolent.

En cette période d’hiver, le produit est d’autant plus prisé eu égard à la flambée des prix des produits frais en provenance des Etats-Unis en raison du mauvais temps et des précédents mois de sécheresse dans des zones productrices. L’origine Maroc reste donc pour le panier de la ménagère meilleur marché que d’autres produits frais. Mais les professionnels canadiens continuent à appeler à plus de cohésion dans le milieu des exportateurs marocains.

Après un bon début de campagne sur le plan commercial, dû à des exportations régulées et une bonne qualité gustative, la situation s’est détériorée suite à une offre pléthorique fin 2015. Aussi après des prix à la hausse en novembre dernier  autour de 4,99 dollars canadiens pour la barquette de clémentine de 2,3 kg sur le marché de détail, les cours sont retombés en décembre dernier. Aujourd’hui ce qui fait mal à l’exportateur comme à l’importateur c’est aussi la dépréciation du dollar canadien. Cette situation, cependant, n’a pas que de mauvais côtés. Il y a aussi du bon en faveur de l’origine Maroc.

Les taux de change des dollars USD/CAD ne favorisent pas l’export vers le Canada mais si cela venait à changer, on verrait probablement une recrudescence des produits américains sur le marché. En effet, sur ce marché, les contraintes majeures auxquelles fait face l’origine Maroc sont assurément la pression des producteurs de Californie, d’Espagne et d’Israël.

Pour rappel, le marché canadien  importe annuellement, toutes variétés confondues, environ 57.000 tonnes par an d’agrumes marocains dont 30.000 tonnes de clémentines fines, 12.000 tonnes de Nour et 15.000 tonnes de Nadorcott. Concernant cette dernière variété, une bonne commercialisation du fruit reposerait sur un étalement de la production de manière à se maintenir sur le marché jusqu’à la fin de la campagne.

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