Exportations : Ce qui fait défaut au Maroc…

Exportations : Ce qui fait défaut  au Maroc…

Les exportations marocaines font toujours pencher la balance commerciale nationale du mauvais côté. Un constat qui, de par son évidence, n’est plus à rappeler.

À ce titre, la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) relevant du ministère de l’économie et des finances s’est penchée sur la question. Résultat, elle vient de publier une étude, baptisée «Dynamique des exportations marocaines: marges intensives et extensives». Il s’agit d’une analyse microéconomique de la dynamique des exportations au niveau des produits et des marchés d’exportation. Cette étude a donc permis d’identifier les sources de la dynamique des exportations marocaines en les décomposant en marge intensive, qui correspond aux variations des exportations de biens classiquement vendus sur des marchés déjà explorés, et en marge extensive, illustrant la présence de nouveaux flux d’échanges de nouveaux produits et/ou vers de nouveaux marchés.

Aussi, À l’issue de l’étude, la DEPF est ressortie avec certains constats. Le premier est celui relatif à la concentration des produits et des marchés.

En effet, les exportations marocaines se caractérisent par une concentration importante des produits et des marchés avec seulement 3,5% des produits exportés et 6,4% des marchés (9 pays) à l’export qui couvraient 80% de la valeur globale des exportations en 1998. Cette concentration s’est relativement atténuée en 2012 pour les marchés, au moment où la diversification des produits ne s’est pas améliorée avec 11% des marchés (20 pays) et 2,9% des produits pour 80% des exportations.

Le deuxième constat est relatif à la croissance des exportations. Cette dernière a été, en moyenne sur toute la période de l’étude (1998-2012 hors 2009), essentiellement, soutenue par l’intensification des ventes des produits d’exportation existants sur les marchés d’exportation déjà explorés, à hauteur de 212%, et par l’exportation des produits existants vers les marchés déjà explorés mais qui n’ont jamais fait l’objet de l’exportation de ces produits, à hauteur de 42%. Le constat suivant fait état de l’effet positif des deux composantes précédentes qui reste contrebalancé par la diminution et la disparition des exportations de produits existants sur les anciens marchés.

Le quatrième constat relevé par la DEPF est relatif à la contribution de la marge intensive  à la croissance des exportations évaluée à 52%. Cette contribution est plus importante que celle de la marge extensive évaluée à 48% en moyenne sur l’ensemble de la période.
Cette importance est plus prononcée au cours des dernières années par rapport aux années précédentes avec 60% en 1999-2007 et 40% en 2008-2012.

Enfin, la DEPF a relevé que les résultats de l’analyse microéconomique des exportations témoignent de la présence de gains substantiels à explorer moyennant, notamment, le renforcement de la capacité à lancer de nouveaux produits et à cibler de nouveaux marchés ainsi que l’augmentation du taux de survie des nouveaux venus sur le marché d’exportation.

Des hauts et des bas…

Entre 1998 et 2012, le nombre de produits exportés a enregistré un taux d’accroissement global de 21% entre ces deux dates, passant de 2.429 produits à 2.948. De même, le nombre de marchés d’exportation a augmenté de 24% en passant de 141 à 175 marchés entre les deux dates. Aussi, le nombre de transactions s’est consolidé de près de 58% passant de 11.339 transactions en 1998 à 17.872 en 2012, avec une valeur moyenne par opération passant de 6,1 millions de dirhams en 1998 à 10,3 millions de dirhams en 2012.
Aussi, entre 2007 et 2012, le nombre de transactions a continué sa progression à un rythme de 2,1% l’an, au moment où le taux d’accroissement annuel du nombre de produits n’a pas dépassé 0,7% et celui du nombre de marchés 0,6%. Cette lecture permet d’avoir une première idée sur la dynamique des exportations marocaines.
La progression des flux d’exportation sur la première période s’est accompagnée d’une hausse à la fois du nombre de produits et de marchés. Sur la deuxième période, ces derniers n’ont progressé que faiblement avec, toutefois, une poursuite de la consolidation du nombre de transactions effectuées, donnant lieu à une progression des exportations globales à un rythme de 5,5% par an contre 4,2% au cours de la période précédente. Cela peut s’expliquer par la présence d’un effet de diversification que traduit l’exportation de certains produits habituels sur des marchés déjà explorés.

 

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