Exportations : Les modèles malais et turc

Les rencontres d’information sur les pays qui ont réussi leur intégration dans le marché mondial se suivent et ne se ressemblent pas. Et le problème de la promotion des exportations, à l’heure des accords de libre-échange et de l’ouverture des frontières, reste toujours d’actualité. Cette thématique qui hante depuis toujours opérateurs économiques et officiels renvoie en effet à une question d’ordre structurel : comment faire émergé un tissu industriel compétitif capable de s’imposer au niveau international ?
À l’intérieur, nombreux sont les économistes qui mettent en garde sur la très probable disparition en masse des entreprises marocaines les moins compétitives. Sur le front extérieur, la question des exportations obéit plus que jamais à des critères complexes qui changent constamment. Un constat s’impose: la promotion du «produit Maroc» dans les marchés extérieurs reste à la traîne face à la spectaculaire réussite des labels asiatiques. Et justement, les dragons de l’Asie (comme la Malaisie) ou encore l’Amérique latine reviennent souvent à la charge comme des modèles à suivre. Pourquoi ? Les explications sont nombreuses, mais tournent pour l’essentiel autour d’une stratégie de promotion des exportations adoptée dans ces pays et qui s’articule autour de six paramètres : l’investissement direct étranger, l’encouragement de tous les produits à l’exportation, la promotion des entreprises opérant dans des secteurs à forte valeur ajoutée, le soutien politique institutionnel et financier par la mise à niveau, un appui lié à la performance et enfin un marché de travail flexible comportant très peu de restrictions sur les salaires, la mobilité et le redéploiement du travail.
En clair, la réussite d’une politique de promotion à l’extérieur commence d’abord par des réglages internes. Les exportations marocaines se heurtent encore au problème des normes de qualité des produits, pas toujours compatibles avec les normes instaurées par les marchés occidentaux. Sur le plan institutionnel, la rencontre de Rabat intervient également après l’échec cuisant du projet de l’Office national pour la promotion des investissements et des exportations (ONIX).
Cette structure qui n’a jamais vu le jour tablait sur le “regroupement des instances chargées de la promotion des investissements et des exportations et la dynamisation de leurs activités dans un cadre unifié”. Les résistances affichées par les multiples administrations concernées ont eu raison du projet. Un échec qui laisse en suspens les questions d’une stratégie de communication sur «le produit Maroc», mais aussi, l’animation et la coordination des différents intervenants en la matière. Ajoutées aux problèmes structurelles de l’économie marocaine, des démarches concrètes s’avèrent indispensables à ce stade. Les exemples malais et turc seront là pour le rappeler.

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