Fatima Zahra El Khalifa : «Notre objectif est de développer une filière compétitive dans les énergies renouvelables»

Fatima Zahra El Khalifa : «Notre objectif est de développer une filière compétitive dans les énergies renouvelables»

Entretien avec Fatima Zahra El Khalifa, directrice générale du cluster solaire

Avec un potentiel de 3000 heures d’ensoleillement par an, le Maroc dispose d’un gisement solaire considérable. En effet, le pays entend exploiter massivement cette énergie propre et développer une filière solaire compétitive. Pour y parvenir, une plate-forme a été créée en 2014 par les principaux acteurs du secteur afin de

renforcer les capacités et des compétences industrielles dans le domaine. Baptisé «cluster solaire», celui-ci ambitionne d’accompagner l’émergence de la filière et de développer des synergies entre les différents acteurs du domaine. Sur le chemin parcouru depuis son lancement et les projets à venir, nous sommes allés à la rencontre de sa directrice générale, Fatima Zahra Khalifa.

Alm : Pouvez-vous nous en dire plus sur le cluster solaire ? Combien de membres compte-t-il ?

Fatima Zahra El Khalifa : On est une association qui regroupe l’ensemble des acteurs de l’écosystème des énergies renouvelables au Maroc. A ce jour on compte plus de 80 membres actifs dans la filière. On dispose dans ce cadre du premier incubateur green au Maroc. Notre objectif est de développer une filière compétitive dans le secteur des énergies renouvelables capable de répondre aux besoins de la stratégie nationale dans le secteur.

Qu’est-ce que vous proposez justement pour développer le secteur ? 

Notre mission consiste à accompagner les industriels, à renforcer leur compétence pour mieux intégrer ces projets. Dans ce cadre, on propose des services de renforcement à travers des formations dans le secteur des énergies renouvelables ou sur les marchés applicatifs à fort potentiel, à savoir le pompage, ou encore les chauffe-eau solaires. On propose également des certifications pour pouvoir s’aligner aux standards internationaux.

Nous sommes aussi une plate-forme de mise en relation B to B entre l’ensemble des acteurs du secteur au niveau national mais aussi avec les acteurs opérant dans le domaine au niveau international. Nous avons créé la première plate-forme qui s’appelle Moroccan Green Business Plate-forme. Il s’agit de la première de son genre au Maroc. A cet effet, nous avons listé plus de 300 entreprises nationales en ayant connaissance de leurs capacités, des ressources dont elles disposent et de leur niveau de certification. L’objectif étant d’avoir une idée du tissu industriel et de les solliciter en cas de besoin. Par ailleurs, nous avons également des services de veille pour pouvoir informer les entreprises par exemple sur les opportunités ou les appels d’offres du secteur. A côté de cela, le cluster solaire dispose de deux services phares. Le premier est destiné aux start-up. C’est un service d’accompagnement. Il les aide à financer leurs premiers prototypes. Le deuxième service permet de mettre sur le marché rapidement des solutions liées au secteur des énergies renouvelables et des GreenTech.

Combien de projets ont été accompagnés par le cluster solaire jusqu’à ce jour et quels types de solutions proposent-il ?

Depuis le lancement effectif du cluster en 2014, on a accompagné près de 13 projets industriels qui couvrent diverses solutions. Il s’agit par exemple du développement de chauffe-eau solaires low cost, de l’accompagnement d’un village solaire à Essaouira, des solutions pour le traitement des déchets, de la transformation en électricité verte ou encore des solutions liées à des concepts de hammam efficient. Dans cet accompagnement on promeut l’innovation surtout la création de solutions vertes et d’emplois verts pour pouvoir dynamiser ce secteur.

Sur le plan pratique, par exemple au niveau juridique, est-ce que le terrain est propice à la création de ce genre d’initiative ? 

On peut distinguer deux grands axes. D’un côté, il y a ce qu’on peut appeler «les grandes capacités», à savoir les centrales solaires, les centrales éoliennes et hydrauliques. Il s’agit de grands projets qui vont demander du temps, au niveau de l’accompagnement et de la formation. Aujourd’hui on a des taux d’intégration industrielle très intéressants qu’il faut renforcer. Le cluster solaire en partenariat avec l’ensemble des donneurs d’ordre et des acteurs du secteur travaille justement pour pouvoir atteindre cette ambition.

Après, il y a le deuxième marché qui est celui des «plus petites capacités». Il concerne par exemple le pompage solaire, ou encore la production de froid industriel. Dans ces applicatifs-là on un potentiel énorme mais le marché doit être structuré et boosté. Comment ? D’abord, Il faut travailler sur l’ensemble de la chaîne de valeur au niveau de l’industrie et créer une chaîne de valeur de métiers. Aussi le pilier qualité est très important. Dans ce sens, il est nécessaire de travailler sur des normes de qualité pour les applicatifs qui circulent sur le marché marocain. Autre volet, celui du financement qui est très important. Il faut donc créer des solutions financières adéquates. Le dernier volet, c’est la réglementation. On attend toujours les décrets d’application sur la moyenne et basse tension. Dès que ces textes seront mis en œuvre le marché sera beaucoup plus structuré. Mais d’ici là il faut vraiment que les trois autres piliers soient prêts pour qu’on puisse développer ces marchés de façon durable.

Quels sont les prochains projets ou étapes sur lesquels vous travaillez ?

Actuellement, on est dans la phase de recrutement de nouveaux membres pour rassembler le maximum d’acteurs dans les énergies renouvelables pour qu’on puisse parler d’une seule voix et servir les intérêts de l’ensemble de l’écosystème. Par ailleurs, on a déjà lancé entre autres des services de développement d’accompagnement industriel de cette année.

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