Faut-il concéder la production électrique ?

Le groupe ABB devrait parvenir cette semaine à un accord sur la vente, pour un milliard de dollars environ, à un trio de sociétés de capital-investissement, a-t-on appris de l’agence MAP citant des sources informées. L’accord pourrait être signé ce mardi avec JP Morgan Partners, le pôle private equity de JP Morgan, et les britanniques 3i Group et Candover. ABB, 3i, JP Morgan et Candover n’ont pas souhaité commenter ces informations. L’opération s’inscrit dans le cadre de son programme de réduction de la dette. Le Maroc est l’un des pays concerné par ce programme de cessions. « Industrial engineering group ABB » détient 50% de la société concédante de production d’électricité « Jorf Lasfar Energy Company ». Il faut rappeler que cette concession constituait une première au Maroc et en Afrique puisque c’est la première fois qu’un organisme privé marocain s’est engagé dans une opération d’un tel montant avec des promoteurs étrangers. Le contrat de concession, signé le 12 septembre 1997, portait sur 1,6 milliard de dollars.Alors que les projecteurs sont braqués sur l’éventuel retrait de la firme internationale, les voix qui se sont levées pour demander la renégociation de la concession vont certainement se manifester. La coupure électrique en Amérique du Nord reste le meilleur argument. De source proche du dossier désirant garder l’anonymat, l’Etat concédant tient à tirer profit du désengagement d’ABB (50 % de la joint-venture avec Consumers Michigan Services (CMS Energy)) pour revoir certaines clauses. Le ministère de l’Energie, l’Office national de l’électricité et ABB seraient en train d’étudier le scénario de ce retrait. L’opérateur mondial serait enclin à se désengager d’une affaire aussi juteuse à cause de ses dettes estimées à quelque 9 milliards de dollars contractées sur le marché financier international. «Il est tout de même surprenant et légitime d’observer qu’au moment où l’ONE affiche une perte de 2 milliards de DH, en face, le concessionnaire arbore un bénéfice de 2 milliards de DH», avait laissé entendre le professeur Mohamed Chafiki, par ailleurs directeur du cabinet du ministre des Finances, en marge d’un débat organisé par l’école HEM. En réponse, le directeur des Etablissements Publics et des Participations (DEPP), Mohamed Boussaid, avait laissé entendre que les chiffres avancés correspondent effectivement à l’exercice 2001 caractérisé par certaines défaillances au niveau des centrales hydrauliques ainsi que le pic des investissements consentis En face, le concessionnaire a consenti des investissements lourds permettant des économies et par suite des baisses des tarifs non négligeables. À l’époque, en plus d’être une première, les carences en alimentation électrique poussaient à une paralysie de l’activité industrielle pour des heures. Même si, en effet, le chemin parcourut depuis est non négligeable, il y a lieu de repenser la stratégie électrique nationale. En tout cas, le débat risque d’être animé.

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