Fertilisation des compétences

Fertilisation des compétences

ALM : Vous venez de signer un important accord avec le Club Med pour ses nouveaux Villages de Marrakech. En quoi cet accord est-il stratégique pour Cegelec ?
Claude Darmon : Le Club Med vient de nous confier un contrat de maintenance globale multi-technique de ses installations à Marrakech. Cet accord répond parfaitement aux ambitions du Royaume de décupler la capacité touristique du pays à l’horizon 2010. D’une durée de trois ans, cet accord concerne notamment toutes les installations électriques, la climatisation, la plomberie, la menuiserie et l’entretien des piscines. Une trentaine de personnes se relaieront en permanence pour s’assurer qu’aucun problème technique ne vienne interférer avec les vacances haut de gamme que le Club Med garantit à ses clients.
Nous sommes évidemment très heureux de voir notre compétence et notre savoir-faire reconnus par une enseigne aussi prestigieuse. Cette externalisation de la maintenance traduit une tendance lourde qui s’observe un peu partout dans le monde : un nombre grandissant d’entreprises cherchent à sous-traiter tout ou une partie de ces fonctions afin, d’une part, de bénéficier de compétences spécialisées et, d’autre part, d’atteindre une plus grande flexibilité dans la gestion de leurs coûts.
Cegelec est surtout connu au Maroc pour ses compétences dans le domaine de l’ingéniérie électrique: l’ONE est un de nos partenaires historiques, au même titre que d’autres grandes entreprises comme l’OCP, l’ONA, l’ONEP ou l’ONCF. L’ONE fait un travail remarquable et Cegelec poursuit notamment avec eux le plan d’électrification rurale au rythme de plus d’un village par jour. Mais la maintenance, qu’elle s’adresse à des sociétés de services ou à l’industrie, est un secteur dans lequel Cegelec a acquis, un peu partout dans le monde, un véritable savoir-faire que nous souhaitons voir se développer au Maroc.
Justement, en matière de maintenance industrielle, Cegelec a remporté un important contrat auprès de notre unique raffinerie de pétrole, la SAMIR-Mohammédia …
La SAMIR-Mohammédia nous a effectivement confié la maintenance des trois quarts de ses installations électriques, pas moins de 260 équipements différents. Déjà dans le passé, Cegelec avait été retenu pour la mise en place de l’électricité industrielle et de l’instrumentation d’une unité de la raffinerie. Ce contrat de maintenance est donc une preuve de confiance à notre égard. Cette confiance, les équipes de Cegelec au Maroc et dans le monde l’ont gagnée à force de rigueur, de professionnalisme, de respect des délais
Votre contrat avec le Club Med va vous amener à ouvrir un bureau à Marrakech. Est-ce un cas particulier ou comptez-vous vous étendre dans d’autres villes marocaines?
L’ouverture d’une antenne à Marrakech n’est pas directement liée à l’accord signé avec le Club Med, mais c’est une volonté stratégique de notre part. Historiquement implantés à Casablanca, nous souhaitons être plus proches de nos clients afin de mieux les servir. Cegelec a ainsi déjà ouvert cette année quatre bureaux à Rabat, Tanger, Agadir et Lâayoune, où nous travaillons pour l’OCP. Nous comptons d’autres clients à Marrakech, notamment l’hôtel Sofitel ou l’hôtel Suisse. Nous développons pour eux des activités de génie climatique, un autre domaine dans lequel nous souhaitons occuper plus largement le terrain au Maroc et qui, à l’instar de la maintenance, répond parfaitement aux besoins d’une industrie touristique en pleine expansion. L’ouverture d’antennes dans les grandes villes du Maroc nous permet également de mieux nous positionner dans des régions en plein développement.
Pensez-vous disposer des équipes et des compétences nécessaires au Maroc pour élargir ainsi vos activités ?
Le niveau de nos équipes marocaines est tout à fait remarquable et je dois souligner le travail réalisé tout particulièrement par l’administrateur-directeur général, Abdellah Tabat. Je dirais que plus d’une centaine de nos ingénieurs ont atteint un niveau de compétence international qui les amène régulièrement à consacrer une partie de leur temps au développement de solutions et de projets destinés aux filiales européennes de Cegelec. Au-delà, je crois énormément au partage des compétences au sein du groupe, à ce que nous appelons en interne la « fertilisation croisée ». Cette collaboration entre les différentes entités de Cegelec est permanente, entre des équipes opérationnelles qui connaissent extrêmement bien le terrain et les besoins du client, et des équipes-métiers qui maîtrisent des matières de plus en plus complexes et pointues. Je crois à la force de l’échange et à la mise en commun de notre savoir-faire, où qu’il soit situé dans le groupe.
Comment voyez-vous le développement de Cegelec dans les années à venir, et quelle place y occupera le Maroc ?
Malgré un contexte économique peu porteur, particulièrement en Europe, Cegelec a maintenu en 2002-2003 son niveau de commandes à un niveau proche de celui de l’année précédente. Je tiens à cet égard à souligner la performance des équipes marocaines qui, dans le même temps, ont enregistré une croissance de plus de 10%. Je suis convaincu que nos grandes filiales, dont le Maroc fait partie, ont un beau potentiel de développement devant elles. Cette croissance passe notamment par une écoute toujours plus attentive des attentes et des besoins de nos clients mais aussi par l’opportunité d’élargir les types de prestation que nous leur proposons, en puisant dans l’ensemble de l’offre Cegelec.
A cette croissance interne s’ajoutent d’éventuelles opportunités de croissance externe, comme l’acquisition l’année dernière d’ABB Building Systems au Benelux et de Deltatherm en France qui ont renforcé de manière significative la force du groupe dans le génie climatique et s’inscrivent parfaitement dans notre volonté stratégique de développer la présence de Cegelec dans les métiers de la maintenance tertiaire.

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