Filière de la pastèque : Des opportunités et des impératifs

Filière de la pastèque :  Des opportunités et des impératifs

La pastèque marocaine pourrait faire mieux. C’est ce qui se dégage de la note de veille de la filière pastèque réalisée par le ministère de l’agriculture et de la pêche maritime afin de présenter les principales caractéristiques de ce fruit et de dresser un benchmark des principaux pays exportateurs et importateurs de pastèques.

À ce titre, le ministère a noté que durant la campagne de 2012-2013 la superficie emblavée par la culture de la pastèque au Maroc est estimée à 14.100 hectares, soit un niveau équivalant à la superficie de la campagne précédente. Néanmoins  une tendance à la baisse de superficies cultivées est très remarquée depuis 2009. En effet, la superficie cultivée est passée d’une moyenne de 17.300 hectares entre 2005 et 2009 à une moyenne de 14.300 hectares entre 2009 et 2013, soit un recul de 21%. Même son de cloche pour la production qui s’inscrit dans une tendance baissière. Ainsi, durant la période en question, la production est passée de 700.000 tonnes avant 2009 à 550.000 tonnes et ce avec une stagnation des rendements à hauteur de 40 t/ha.

Toutefois, malgré ce recul enregistré durant les dernières années dans la production de pastèques au niveau national, cette filière a réalisé de bons résultats à l’export. En effet, les exportations marocaines en volume de ce fruit ont doublé entre 2005 où elles étaient de l’ordre de 4.000 tonnes et 2011 où elles sont passées à 8.000 tonnes.

À noter que l’année 2013 s’est caractérisée par un record d’exportation de 18.000 tonnes. Cette même tendance haussière est également observée dans la valeur des exportations estimée en 2013 à plus de 100 millions de dirhams.

Aussi, cette bonne performance à l’export réalisée pour ce fruit a notablement amélioré le taux exportable (Quantité produite-Quantité exportée), qui est  passé de 0,8% en 2003 à 3% en 2013. Cependant, il reste relativement faible comparativement au reste du monde. Pour le ministère de l’agriculture, cette donne est un signe fort de la présence d’un potentiel et de pistes de progrès non encore exploitées.

En ce sens, l’amélioration des performances à l’export des pastèques marocaines a été le résultat direct des efforts conjugués des producteurs, notamment pour l’amélioration de la qualité en matière de calibre, de couleur, de teneur en sucre… et des exportateurs qui ont travaillé sur de nouveaux débouchés pour les pastèques marocaines sur les marchés internationaux. En effet, l’analyse des exportations par destination montre qu’un grand travail a été effectué pour la diversification des marchés. En 2003, l’essentiel de l’export marocain a été réalisé sur deux destinations en Europe, à savoir la France (50%) et l’Espagne (46%).

En 2013, la situation s’est beaucoup améliorée, les producteurs-exportateurs marocains de pastèques se sont orientés vers quatre nouveaux marchés en Europe : Royaume-Uni, Allemagne, Pays-Bas et Italie et vers un marché africain porteur qui est la Mauritanie. Dans le même sillage, le calendrier d’exportation a accompagné les mutations à l’export qu’a connues cette filière. En 2013, l’offre marocaine est devenue plus étendue et mieux répartie. La durée de la fenêtre d’exportation est passée de quatre mois (de mars à juin) en 2003 à six mois en 2013 (de mars à août). Ainsi, le Maroc  est passé d’un calendrier mono-pic en mi-avril/début mars à double pic, avec un en avril et un autre plus important en juillet. Ceci a amélioré le positionnement de nos exportateurs sur le marché mondial.

De ce fait, la comparaison du Maroc avec les deux grands exportateurs de pastèques dans le monde montre que les rendements obtenus sont comparables à ce qui se fait dans ces deux pays. Néanmoins au niveau de l’export, le Royaume n’est pas correctement positionné. En effet, un hectare de pastèques cultivé en Espagne génère le double en devises qu’un hectare de la même culture au Maroc avec 14.000 $/ha pour le voisin ibérique contre 6.000 $/ha pour le Royaume. De ce fait, le changement du système de production et l’adaptation de l’offre marocaine aux exigences du marché extérieur apparaissent comme une nécessité, pour que cette culture devienne plus compétitive à l’export.

De plus, vu la périssabilité du produit et le rapport prix-volume qui est relativement faible comparativement aux autres fruits et légumes, la proximité géographique joue un rôle primordial dans les échanges internationaux. En effet, le Mexique commercialise la totalité de ses exportations de pastèques sur le marché américain. L’Espagne, elle, concentre 97% de ses exportations sur le marché européen. Pour sa part, le Maroc est présent particulièrement sur cinq marchés en Europe: la France, les Pays-Bas, le Royaume-Unis, l’Italie et l’Espagne. Pourtant, sa positon géographique lui permet de pénétrer d’autres destinations, en Europe notamment. À titre d’exemple, le marché portugais absorbe annuellement près de 20.000 tonnes de pastèques espagnoles, ce qui est un niveau supérieur à l’ensemble des exportations globales marocaines 18.000 tonnes.

Des opportunités sont aussi présentes dans les marchés du moyen-Orient, une destination dominée actuellement par les pastèques iraniennes. En moyenne annuelle, les Emirats Arabes Unis importent 72.000 tonnes et le Qatar 10.000 tonnes. En gros, la filière pastèque représente des opportunités d’export en or à condition que la production et les efforts du côté marocain se dynamisent.

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1 Comment

  1. Andreu

    Cet article est très intéressant . Mais je préfère la pastèque Espagne. Je travaille avec la société Cinatur Groupe de Valence , sont très professionnels et le fruit est de haute qualité .

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