Finance islamique : Pas avant juin 2017

Finance islamique : Pas avant  juin 2017

Dernière ligne droite pour les émissions participatives souveraines

«Pour notre pays nous avons pris le temps pour bien démarrer cette activité, notre vision est globale, elle touche la partie bancaire, la partie financière et la partie des assurances en établissant un cadre législatif adéquat», explique M. Boussaid.

La première émission de sukuk domestiques va avoir lieu avant la fin du premier semestre de l’année prochaine. C’est l’échéance annoncée par Mohamed Boussaid, ministre de l’économie et des finances, jeudi 8 décembre à Rabat, lors de la conférence consacrée à la finance participative. Cette première émission est supervisée par la direction du Trésor en collaboration avec la Banque islamique de développement et la Banque mondiale. A ce sujet, le ministre a souligné que son département se penche «depuis quelques mois sur l’opérationnalisation des émissions participatives sur le marché des capitaux, l’accompagnement du développement de la finance participative, sur la préparation du cadre réglementaire pour l’émission des sukuk sur le marché financier marocain et sur la structuration d’une première émission souveraine de sukuk qui servira de benchmark pour l’ensemble de  la place». A cet égard M. Boussaid a précisé que «l’objectif est de diversifier la base d’investisseurs et la diversification de nos produits de financement».

Et d’ajouter : «Au niveau des assurances, l’opérationnalisation du produit takafoul permettra une offre au service financier participatif». Plus de 1,8 trillion de dollars est le capital de la finance participative dans le monde, c’est une réalité d’aujourd’hui, c’est une industrie qui s’installe, précise-t-il. Le Maroc n’est pas en reste vu le progrès de ces outils. Cela laisse «présager une marge extrêmement importante en progression et des opportunités qu’il va falloir saisir», souligne le ministre de l’économie et des finances. Pour les pays d’Afrique du Nord, ce marché est considéré comme émergent avec une part estimée «à 1% seulement du total des actifs bancaires au niveau mondial», selon Mohamed Boussaid. Et de poursuivre : «Pour notre pays nous avons pris le temps pour bien démarrer cette activité, notre vision est globale, elle touche la partie bancaire, la partie financière et la partie des assurances en établissant un cadre législatif adéquat».

Le ministre de l’économie et des finances a par ailleurs mis en garde contre ce qui peut menacer ce genre de produit le discours idéologique ou politique. «Pour nous la finance participative est un secteur qui doit s’insérer comme complément aux autres produits».

En Malaisie, il y a 60% de musulmans et 40% de non musulmans et où la finance participative s’est fortement développée. Les premiers clients de ces banques participatives ce sont les non musulmans, précise le ministre de l’économie et des finances. Et d’ajouter: «Dès lors qu’on installe ces produits sur le plan uniquement idéologique ou politique, nous ne sommes pas en train de leur rendre service, nous sommes au contraire en train de les freiner». Le marché de la finance participative est attrayant pour les plus grandes places mondiales. Ainsi Londres affiche vouloir être la capitale mondiale de la finance participative. Mohamed Boussaid souligne que l’approche du Maroc doit être «une approche économique, une approche financière, une approche de satisfaction du client, une approche de diversification de produit, une approche de rentabilité et de compétitivité, une approche de drainer l’épargne qui aujourd’hui n’est pas dans le circuit, et une approche d’installer ces produits en compétition. L’un des aspects que nous estimons aujourd’hui c’est quel a été l’impact de ces produits participatifs sur l’activité conventionnelle?», conclut le ministre.

Dr Sami Al Souwailim, Senior Advisor chez Islamic Developement Bank Group

sami-suwailem-islamic-developement-bank-groupL’objectif de cette conférence est le renforcement des opportunités offertes par la finance islamique pour les pays membres de la Banque mondiale et la Banque islamique de développement. Le Maroc fait naturellement partie des pays qui souhaitent intégrer la finance participative dans son système financier. L’économie marocaine bénéficie de plusieurs ressources, un capital humain hautement qualifié, des ressources naturelles importantes, une position géographique stratégique qui constitue un trait d’union entre l’Orient et l’Occident d’une part et entre le Sud et le Nord d’autre part.

le Maroc est pressenti pour avoir un rôle majeur à ce niveau, en particulier grâce à la stabilité politique et à son potentiel économique. L’entrée de ce genre de financement au Maroc permet de profiter de ce potentiel pour se mettre au rang des plus grandes nations. Londres a exprimé son souhait de devenir la capitale de la finance islamique, Kuala Lumpur et la Malaisie aussi. La finance islamique n’appartient plus qu’aux musulmans, tout le monde veut rentrer dans cette compétition pour exprimer un leadership dans ce domaine. Le Maroc aura un rôle à jouer si on arrive à atteindre le niveau nécessaire de créativité et une valeur ajoutée à apporter. Les défis pour ce domaine sont nombreux, notamment en matière d’émissions de sukuk souverains, la diversification des sources de financement et la classification de la finance participative.

Leila Ouchagour

Journaliste stagiaire

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