Finance verte : Les grandes annonces du GPBM

Finance verte : Les grandes annonces du GPBM

Un engagement d’un milliard DH des banques marocaines, l’Appel de Casablanca et un nouveau prêt international…

Les banques marocaines se mettent à la promotion des ressources vertes. Leur engagement porte sur un montant de 1 milliard de dirhams. Cette mobilisation financière a été annoncée par Othman Benjelloun, en sa qualité de président du Groupement  professionnel des banques du Maroc (GPBM), lors du Forum international sur les marchés financiers verts en Afrique, organisé, mercredi à Casablanca, par BMCE Bank of Africa en partenariat avec la Banque européenne pour la reconstruction et le développement. L’engagement des banques marocaines concernera  trois volets : l’émission éminente de Green Bonds (obligations environnementales), la mise à la disposition de la clientèle de lignes de financement liées à l’efficacité énergétique ainsi que des lignes prévisionnelles de gestion de l’eau et de valorisation des matières résiduelles. «Nous nous réjouissons qu’il ait été envisagé de prendre désormais en compte, dans les systèmes d’octroi de crédits des banques et, ultimement, dans le système de notation des banques elles-mêmes par la banque centrale, des critères environnementaux», explique à cet effet le président du GPBM. Et d’ajouter que «les banques pourront convenir de déterminer une proportion minimale de leurs engagements qui répondent à ces critères ESG (Environnement, Social, Gouvernance) et se donner alors un horizon pour y parvenir et le dépasser».

Soutenir l’émergence d’un marché financier vert en Afrique a été la thématique phare du Forum qui se tient à quelques semaines de la COP22. L’occasion étant de souligner le rôle que jouent les banques commerciales pour accompagner la transition verte de leur pays. La finance durable est, de nos jours, considérée comme l’un des vecteurs de richesse à promouvoir compte tenu de sa contribution dans l’employabilité ainsi que de sa rentabilité non seulement économique mais également sociale. D’où l’urgence d’agir et bâtir un modèle qui aligne les intérêts de toutes les parties prenantes. «La promotion de la finance verte et, en son sein le Green Banking, est tributaire d’un volontarisme «politique» tant des autorités réglementaires et prudentielles que de la communauté des banques», explique Othman Benjelloun. En énumérant les démarches majeures engagées au niveau international, le président du GPBM a fait une seconde importante annonce, à savoir « l’Appel de Casablanca». «Il est temps que l’Afrique fasse entendre sa voix ici, à Casablanca. Ce pourrait être «l’Appel de Casablanca» en faveur d’une initiative coordonnée, multi-africaine, publique, privée et multinationale en faveur de l’institutionnalisation et de la promotion de la finance durable», a-t-il soulevé.

Othman Benjelloun a, de cet effet,  appelé à la mobilisation de  tous les acteurs dont les autorités de régulation et de supervision à l’échelle continentale de promouvoir le verdissement de l’assurance africaine.

Othman Benjelloun aspire par ailleurs à la création d’un espace financier en Afrique et pour l’Afrique qui représenterait dans un proche avenir «un véritable hub pour la finance verte».

En marge du forum international sur les marchés financiers verts en Afrique, la BERD, la Banque européenne de l’investissement (BEI) et l’Agence française de développement (AFD) ont accordé à la BMCE Bank of Africa et à sa filiale Maghrebail un prêt de l’ordre de 35 millions d’euros. Il s’agit de la troisième ligne octroyée dans le cadre du mécanisme de financement pour l’énergie durable au Maroc (Morocco Sustainable Energy Financing Facility, ou MorSEFF), destiné à encourager les investissements dans l’énergie durable par l’intermédiaire d’institutions financières.

En marge de ce partenariat, BMCE Bank of Africa rétrocédera les fonds à des petites et moyennes entreprises et à de grandes sociétés industrielles et commerciales, œuvrant également dans les secteurs de la construction commerciale et des services énergétiques. Le Groupe bancaire procédera également à la sensibilisation de ses clients par la promotion de technologies contribuant à l’efficacité énergétique et au développement des énergies renouvelables, et par l’expansion de la production locale.

Finance durable : Les mécanismes identifiés par Abdellatif Jouahri

jouahri-finance-vert«Il est impératif que les pays du Sud puissent mettre en place des mécanismes de mobilisation des ressources qui leur sont propres pour réussir la transition vers une économie plus durable». C’est en ces termes que Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank Al- Maghrib, est intervenu lors du forum international sur les marchés financiers verts en Afrique. M. Jouahri a souligné la nécessité de l’émergence d’un marché financier africain vert. Un défi qui devrait être relevé premièrement par le secteur bancaire.

La finalité étant de contribuer à la création et au développement d’un marché de capitaux verts, à travers notamment l’émission de Green Bonds, mais aussi d’appeler la population à s’allier au mouvement en mettant à leur disposition des produits d’épargne verts.

Pour M. Jouahri, les régulateurs financiers ont également leur part de responsabilité pour la réussite de la transition vers une économie plus durable en adoptant les mesures réglementaires appropriées favorisant un alignement coordonné et progressif du secteur financier africain sur les impératifs d’un développement durable. Selon le gouverneur de Bank Al-Maghrib, les banques centrales se doivent d’apporter un appui déterminant en considérant certaines solutions. Il serait question de la mise en place de mécanismes de refinancement des prêts octroyés par les banques aux projets de développement durable et l’assouplissement, dans le cadre des travaux du Comité de Bâle, des règles prudentielles pour les obligations vertes.

Financement vert : Nizar Baraka mise sur l’attractivité

nizar-baraka-finance-vertLe continent africain manque d’attractivité en termes de financement vert. C’est ce que souligne pour Nizar Baraka. Selon le président du comité scientifique de la COP22, seuls 3 milliards de dollars sont investis par an en Afrique. C’est dans cette optique que le Maroc a inscrit à l’agenda de la négociation et de l’action pour le climat, lors de la COP de Marrakech, des solutions et des initiatives afin de combler cet écart. «La présidence marocaine s’est inscrite, dès les premières étapes de préparation de la CoP22 dans l’action pour l’implémentation de l’Accord de Paris», explique M. Baraka.

Cinq priorités sont à relever. Citons à cet effet la mise en œuvre des contributions nationales pour le climat (NDCs), l’adaptation, la finance climatique, le transfert de technologies et l’Agenda pré-2020.

Ces projets et ces initiatives doivent d’une part concilier les priorités de développement du continent avec ses engagements en matière climatique et d’autre part atteindre la taille critique nécessaire pour attirer les financements que ce se soit en fonds propres ou en fonds de soutien, ou à travers la dette.

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