Flambée sans précédent des prix

Le Maroc a produit en cette année zéro quintal de pois chiches et autant de lentilles. Pour les fèves, la production accuse une baisse de 58%. C’est ce qu’affirme l’Office national interprofessionnel des céréales et des légumineuses (ONICL) dans un rapport dans lequel il dresse l’état de la récolte arrêté à la date du 31 juillet. Toutefois, les disponibilités intérieures en légumineuse sont considérées comme suffisantes pour satisfaire la demande. Mais, à quel prix.
Selon l’ONICL, le stock national en ces produits de base qui connaissent une forte consommation durant le mois du Ramadan et en hiver, est estimé à 128.000 quintaux au 31 juillet. Il s’agit de volumes déclarés par les opérateurs auprès des services de l’ONICL et détenus par les commerçants. Ces stocks proviennent de la production locale, mais surtout de l’importation. Car, souligne le même rapport, à la même date, le cumul de la collecte des légumineuses ne dépasse guère les 3.500 quintaux composés principalement de fèves et de haricots, contre près de 11.000 quintaux l’année dernière. Ce qui représente une baisse importante de 68% par rapport à la même période de l’année dernière.
L’essentiel de cette collecte est réalisé au niveau des régions de Casablanca et de Settat. Toutefois et malgré cette baisse notoire de la production, les stocks emmagasinés de ces produits connaissent une amélioration sensible pendant ces derniers mois. Les provisions nationales ont enregistré, en effet, une hausse de 13% entre les mois de juin et juillet de cette année. L’ONICL fait ainsi état d’une hausse des stocks, entre les deux périodes, de près de 60% pour les pois chiches, de 22% pour les lentilles, de 7% pour les fèves et de 6% pour les haricots. Cette relative amélioration des stocks ne se reflète, par contre, pas sur le niveau des prix. Pour certains produits, les prix ont, en effet, presque doublé en une seule année. Le prix de vente minimum des fèves est ainsi passé de 282 DH le quintal en juillet 2006 à 400 DH/ql cette année. De même pour les lentilles dont le prix minimal de vente est passé de 413 DH/ql à 700 DH au 31 juillet.
De plus, la chaîne de distribution, mal maîtrisée, intervient, en outre, dans le renchérissement de ces produits. En effet et pour ne citer que quelques exemples, il y a une semaine, les pois chiches se négocient à la production à un prix moyen de 713 DH le quintal, ils sont vendus à la consommation à 867 DH/ql, soit une différence de 21%. De même pour les lentilles qui passent, à la même date, de 600 DH à 750 DH le quintal entre les deux bouts de la chaîne. Ce qui représente une marge de bénéfice moyenne de 25% pour les distributeurs. Cette marge peut même dépasser les 50% puisque le prix atteint parfois les 900 DH le quintal.
Au vu de cette tendance, les prix sont appelés à croître pendant les semaines à venir à mesure que s’accentue la demande.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *