Flexibilité de change: Le retard n’est pas un problème en soi selon le FMI

Flexibilité de change: Le retard n’est pas  un problème en soi selon le FMI

Les équilibres macro-économiques sont largement rétablis depuis les difficultés ayant émergé il y a environ 5 ans en raison des chocs externes.

Bien que l’introduction de la réforme de la flexibilité de change soit en retard, le Fonds monétaire international demeure optimiste et estime que le Royaume peut la lancer au moment opportun. «Le Maroc est toujours prêt», précise, lundi à Rabat, Nicolas Blancher, chef de la mission de consultation du FMI, lors de sa visite au Maroc. Cette réforme est, pour lui, structurante et historique pour le pays, voire une décision souveraine et volontaire des autorités marocaines.
Aucun risque de dépréciation du dirham

M. Blancher évalue également l’impact de cette flexibilité sur l’économie du pays qui est, plutôt pour lui, une étape d’intégration du Maroc dans l’économie mondiale. Pour étayer ses propos, il précise que les équilibres macroéconomiques sont largement rétablis depuis les difficultés ayant émergé il y a environ 5 ans en raison des chocs externes. «Nulle part, nous n’avons trouvé de grosses expositions au risque de change pour l’économie marocaine. Nous voyons une résistance pour l’économie marocaine à des chocs éventuels. Qu’il y ait un petit retard de quelques jours ou semaines ce n’est pas forcément le problème. Je crois que ce sont les autorités qui jugent du moment le plus opportun», explicite M. Blancher. Ce constat est d’ailleurs basé sur des tests.
Là encore, le FMI est optimiste. Pour le chef de la mission du FMI, «le Maroc est dans une position de force». Dans ce sens, il prend appui dans l’amélioration que le pays connait. M. Blancher se projette également dans l’avenir. «Plus on attend, les déséquilibres s’accumulent et le niveau de change devient de moins en moins soutenable», estime-t-il. Selon l’analyse du FMI sur le niveau du dirham, il n’existe pas de désalignement du dirham. D’autant plus qu’il n’y a pas de raison fondamentale pour que le dirham se dévalue aujourd’hui. «S’il y a plus d’entrée de devises d’ici la fin d’année, le dirham s’apprécie», suggère-t-il.

Augmentation des réserves de change de 10 milliards  de dollars en 2022

Pour l’heure, le FMI avait prévu des réserves de change en hausse depuis six mois. La raison de baisse se justifie par les développements sur la balance des paiements qui sont moins favorables. Il s’agit des importations de produits alimentaires et des biens d’équipement plus que prévus. A son tour, la facture énergétique s’est accrue entre autres. «Nous restions aux alentours de six mois, ce qui est confortable», enchaîne M. Blancher. Selon ses dires, le FMI prévoit une augmentation des réserves de change de 10 milliards de dollars en 2022 avec sept mois d’importation. «Le secteur exportateur n’est pas assez développé au Maroc. Les réformes doivent aller dans ce sens», avance M. Blancher.

Pour l’heure, le Maroc est au milieu de la 3ème ligne de précaution et de liquidité (LPL) approuvée en juillet 2016. «L’accès aux ressources de la LPL doit augmenter après la première année. En première année, il y avait un accès à un milliard et demi. En deuxième année il y aura un accès total de 3 milliards et demi de dollars», détaille le chef de la mission.
Bien que les risques externes sont restés élevés, l’accès à la LPL se réduit parce que l’économie marocaine est plus résiliente. Par l’occasion, M. Blancher rappelle que trois produits restent à décompenser, à savoir le butane , la farine et le sucre. «Cela devient moins un problème macro-économique que de ciblage et de soutien», estime-t-il.

La situation de l’économie marocaine selon le FMI

En général, les performances politiques et macroéconomiques du Maroc sont restées solides. Les autorités restent déterminées à poursuivre les réformes importantes budgétaires, financières et structurelles. «Tout cela est important pour rendre l’économie marocaine à la fois plus résiliente aux chocs mais aussi de mettre en place les conditions d’une croissance plus inclusive et plus riche en emplois», estime M. Blancher. Pour 2017, les perspectives économiques se sont améliorées et sont favorables. La croissance s’élèverait à 4,8% cette année. Quant à l’inflation, elle sera toujours relativement basse à raison de 0,9%. A son tour, le chômage reste toujours élevé. Le FMI prévoit également une réduction du déficit courant de la balance des paiements autour de 4% de PIB cette année et un niveau de réserves qui avoisinerait six mois d’importation à la fin d’année.
«Nous souscrivons également à l’assouplissement du régime de change, les autorités ont l’intention de procéder progressivement dans ce sens. Ce qui permettra à l’économie de mieux absorber les chocs pour préserver la compétitivité de l’économie marocaine», poursuit le chef de mission. Au plan budgétaire, le FMI entrevoit un déficit qui devrait se réduire à 3,5% du PIB à la fin d’année.
«Là encore nous sommes satisfaits que les autorités aient l’intention de poursuivre les réformes notamment dans le cadre du programme du nouveau gouvernement qui a annoncé le cap de 60% de dette sur le PIB à l’horizon 2021», s’exprime M. Blancher. Cependant, ce qui importe aux yeux du FMI ce n’est pas seulement de réduire la dette mais de créer des marges de manœuvre pour traiter les problèmes de fond, à savoir la réduction de la pauvreté et des inégalités voire l’allocation des ressources publiques suffisantes en termes de soutien aux programmes sociaux, à l’emploi et l’éducation. «Tous ces programmes et investissement dans l’avenir devront profiter aux couches les plus pauvres de la population», conclut M. Blancher.

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