FMI : Le Maroc doit accélérer la cadence

Le Maroc est appelé à fournir davantage d’efforts afin de réduire le taux de chômage et la pauvreté. «Une croissance plus soutenue» est donc de mise selon les membres de la mission du FMI (Fonds monétaire international) en visite au Maroc. La mission, qui a séjourné à Rabat du 15 au 30 janvier 2003, a conduit une série d’entretiens avec les représentants des milieux bancaires et des affaires, ainsi que des partenaires sociaux. Ces discussions ont porté sur la revue des développements économiques récents et des politiques macroéconomiques et structurelles en cours, ainsi que sur les perspectives à court et moyen-terme.
A l’issue de cette visite, le directeur du département Moyen-Orient du Fonds, George Abed, a publié un communiqué où il affiche la satisfaction des membres de sa commission des performances économiques réalisées l’année écoulée. En effet, les entretiens que la mission du FMI a eu avec les autorités du pays et les différents acteurs économiques ont montré une nette amélioration de la confiance dans les perspectives de l’économie marocaine et une volonté d’intensifier les réformes.
Les investisseurs ont manifesté leur confiance et les indicateurs sont plutôt au vert. En effet, la croissance réelle s’est établie à 4,5% au terme de 2002, tirée en partie par une hausse de la production agricole et un dynamisme accru des secteurs non agricoles.
L’équilibre extérieur a été renforcé avec une augmentation du stock de réserves de change. L’inflation (2.8%) en 2002 est restée modérée et le déficit des finances publiques a été réduit de façon significative. «Ceci témoigne que la politique monétaire et de change, ainsi que l’exécution du budget, ont contribué à la stabilité macroéconomique et a été bénéfique au Maroc », relève M. Abed.
Cette bonne performance pour 2002 «est d’autant plus notable que l’environnement international s’était dégradé et que les conditions climatiques étaient restées défavorables», ajoute-il. Les perspectives sont pour leur par prometteuses notamment pour 2003. La croissance pourrait atteindre 5,5%, si les conditions climatiques favorables enregistrées en ce début d’année persistent. L’inflation, elle, devrait rester modérée. La mission du FMI a noté également le regain de confiance des opérateurs économiques qui pourrait se traduire par une augmentation de l’investissement. Elle a constaté la détermination des autorités à poursuivre la consolidation budgétaire et les réformes structurelles.
La reprise modérée attendue de la demande mondiale et le maintien à un niveau élevé des transferts des MRE devrait permettre de consolider davantage la position extérieur. Cependant, des efforts restent à consentir, notamment en matière d’emploi. Une croissance soutenue dans les secteurs non-agricoles est souhaitable pour redresser la barre. Un certain nombre d’ajustement sont donc de mise. Ces derniers devraient concerner « la poursuite de la consolidation budgétaire, y compris par une réforme de la fiscalité (afin que les taux soient modérés et la base d’imposition élargie), de la structure du tarif douanier, et une accélération des réformes structurelles», précisent les experts du FMI, qui constituent à leurs yeux des priorités, au même titre que la réforme tarifaire et celle de la fiscalité.
Des chantiers ont été lancés dans ce sens (la réforme du code de travail, de la fonction publique, de la justice, celle du secteur financier, la mise à niveau de l’économie, et l’amélioration de la gouvernance), il est question aujourd’hui d’accélérer la cadence.

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