FMI : Tosovsky contre DSK

Moscou a présenté mercredi la candidature d’un ancien banquier central tchèque à la tête du FMI, faisant ainsi entendre la voix des économies émergentes en défiant une règle non écrite selon laquelle ce choix revient à l’Union européenne.
La Russie a choisi Josef Tosovsky, responsable à la banque centrale de la Tchécoslovaquie à l’époque soviétique avant de prendre la tête de la banque centrale tchèque en 1993, comme concurrent à l’unique prétendant au poste de directeur général du Fonds monétaire international (FMI), l’ex-ministre français des Finances Dominique Strauss-Kahn.
«Dès que le processus de l’élection a été engagé, il est apparu clairement que la règle non écrite du candidat de l’Union européenne serait utilisée», a déploré le ministre russe des Finances Alexeï Koudrine.
«C’est injuste envers les autres grands pays du monde, y compris des membres du G8. Le choix devrait être fait de façon professionnelle», a ajouté le ministre, précisant que d’importantes économies émergentes comme le Brésil, l’Inde et la Chine «soutenaient l’idée d’une véritable élection».
La France a de son côté aussitôt affirmé mercredi que son candidat avait le soutien de l’Union européenne et d’un "très grand nombre" d’autres pays, dont la Chine.
Aux termes d’une règle non écrite, l’Europe désigne le directeur général du FMI tandis que les Etats-Unis choisissent le président de la Banque mondiale.
Le choix européen s’est fixé cette fois sur M. Strauss-Kahn, seul candidat déclaré jusqu’alors pour remplacer l’Espagnol Rodrigo Rato qui a annoncé sa démission et va quitter ses fonctions à la fin octobre.
Le "G24", qui regroupe les principaux pays en développement, avait rappelé en juillet ses réserves sur la nomination d’un directeur général du FMI qui serait uniquement choisi par les pays européens.
«La Russie a donné un nouvel élan à cette élection qui se fera à présent sur des bases de concurrence», a lancé M. Koudrine devant les journalistes.
M. Tosovsky, 56 ans, a notamment occupé le poste de gouverneur de la Banque nationale tchèque (CNB) entre janvier 1993 et décembre 1997 puis entre juillet 1998 et novembre 2000, et le poste de chef de gouvernement entre décembre 1997 et juillet 1998.
Depuis décembre 2000, il dirige l’Institut pour la stabilité financière de la banque des règlements internationaux à Bâle (Suisse).
«Je pense que c’est la suite de pressions similaires de la part de la Chine ou de l’Inde», a commenté l’économiste en chef de la société d’investissement Renaissance Capital à Moscou, qui y voit «une tendance à long terme».

Ursula Hyzy (AFP)

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