FODEP : Acte trois

Les petites et moyennes entreprises ne savent plus à quel saint se vouer. Les chantiers sont nombreux, les exigences aussi. Il leur est demandé de développer le label Maroc, d’être concurrentiel, d’initier un nouveau type de management, de réformer leurs ressources humaines,… bref de se mettre à niveau. S’ajoute l’exigence de se conformer aux normes environnementales, alors que la mise en place d’un management environnemental nécessite une stratégie d’action cohérante et des instruments économiques d’accompagnement. C’est, sans aucun doute, la goutte qui fait déborder le vase au moment où nos managers crient haut et fort qu’ils manquent cruellement de tout et plus particulièrement d’instruments financiers. Or, ces derniers existent et ils sont nombreux, mais faute de communication et de sensibilisation, l’écho de leur présence ne parvient pas à l’ouie de nos opérateurs.
Parmi les instruments dédiés spécifiquement à l’environnement, l’on peut citer le Centre Marocain de Production Propre (CMPP) qui finance les audits environnementaux industriels, le Fonds de Dépollution Industrielle (FODEP) qui octroie des subventions ou encore la ligne de financement de l’UPI. Certains de ces instruments disposent de fonds conséquents et sont continuellement renfloués.
C’est le cas notamment du FODEP dont la phase trois a été enclenchée dernièrement. Après deux coups d’essai réussis, le secrétariat d’Etat chargé de l’Environnement a donc décidé de lancer la troisième tranche de ce Fonds. Le FODEP III est doté d’un budget de 50 millions de DH. «Cette troisième tranche intervient suite au succès rencontré par la première tranche du fonds (85 millions de DH) et vient aussi renforcer la deuxième tranche déjà opérationnelle depuis mars 2002 et qui est dotée d’un montant de 100 millions de DH», est-il indiqué auprès du département de l’Environnement.
Côté modalités de financement, aucun changement n’a été introduit. L’aide octroyée interviendra comme pour le FODEP II. Le financement s’effectuera sous forme de dons à hauteur de 20% ou 40% selon qu’il s’agisse de projets intégrés ou en aval. Le financement des projets est effectué à hauteur de 80%. Le montant maximum octroyé à l’entreprise peut s’élever à 15 millions de DH par projet individuel et par entreprise et 30 millions de DH par groupement d’entreprises. Ces dons seront jumelés à des crédits nourris par les banques sur leurs propres ressources. La tranche trois apporte, cependant, une grande nouveauté. Le FODEP III sera élargi aux coopératives artisanales ainsi qu’aux mesures intégrées pour le cas de délocalisation d’entreprises industrielles ou artisanales et dont le total bilan est inférieur à 200 millions de DH. Un intérêt particulier sera donc accordé aux petites et moyennes entreprises. A noter que le FODEP est un outil d’incitation mis en place par le secrétariat d’Etat chargé de l’Environnement avec l’appui de l’Agence allemande de coopération financière (KFW) pour la mise en oeuvre de mesures volontaires de dépollution ou d’économie de ressources. Objectif : inciter les entreprises à produire proprement. Ceci à travers la protection et la gestion rationnelle des ressources naturelles et la promotion des mesures volontaires de dépollution. Le leitmotiv étant de préparer le secteur industriel à se conformer à la réglementation en cours d’élaboration, la promotion de l’approche préventive et de la gestion de l’environnement au sein des entreprises.
Parmi ses autres objectifs figurent aussi la mise à niveau de l’industrie nationale en prévention de son accès aux marchés internationaux, le développement de l’expertise nationale dans le domaine de l’environnement et l’implication du secteur bancaire en tant que partenaire dans des actions de protection de l’environnement. Le FODEP est destiné aux entreprises industrielles, quels que soient leur taille, leur statut juridique ou leur emplacement.

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