Foncier industriel : 80% commercialisé et 50% valorisé

Foncier industriel : 80% commercialisé  et 50% valorisé

«Le taux de commercialisation des 8.000 hectares de foncier industriel dépasse 80%. Cependant, la valorisation et l’activité sont de plus de 50%.

Ce taux interpelle». Les chiffres et le constat livrés, mardi à Bouskoura, par Ali Esseddiki, nouveau DG de l’industrie au ministère de tutelle, lors du 1er Forum marocain des zones industrielles, initié par Industrie du Maroc Magazine, sont dus à plusieurs raisons.   

Friction entre l’acquisition et la valorisation

Selon M. Esseddiki, il existe, en premier, «une partie frictionnelle entre le moment d’acquisition et de valorisation du foncier». Dans ce sens, le DG, qui évoque le plan d’accélération industrielle (2014-2020) qui prévoit la mise à disposition du foncier à coût compétitif pour le développement industriel, précise que «les besoins ont déjà été identifiés». Il était question, selon ses dires, de trouver une réponse aux demandes des fédérations représentant des industriels à propos du foncier. En deuxième lieu, l’orateur cite des acteurs industriels qui ont du mal à réaliser leurs projets industriels. «C’est là où nous pouvons intervenir», enchaîne l’intervenant. M. Esseddiki ressort comme troisième raison la spéculation, également soulevée par les professionnels.

Aller vers le foncier locatif

A propos de cette spéculation, la direction de l’industrie s’est astreinte, selon son numéro un, à essayer d’y répondre. «Notre rôle, en tant que direction, c’est aider les acteurs à remplir les zones et d’être un facilitateur sur les problématiques de spéculation ou de valorisation du foncier». De plus, M. Esseddiki parle de «la possibilité d’avoir du foncier locatif pour mettre fin à cette spéculation». Pour l’heure, la surface du foncier industriel locatif pur s’estime, selon lui, à environ 200 hectares. Mieux encore, le Fonds des zones industrielles durables (Fonzid), dont l’appel à projets a été récemment lancé, est aussi une réponse à la création et revitalisation de zones industrielles.   

Un millier d’hectares de friches industrielles à Casablanca-Settat

Egalement de la partie, Mustapha Bakkoury, président de la région Casablanca-Settat, ne manque pas de livrer des chiffres et constats sur cette contrée. Selon lui, il existe «un millier d’hectares de friches industrielles au milieu urbain au niveau de la région». Pour lui, il faut trouver une solution pour que ces friches restent des zones d’activités économiques ou aider à leur mutation éventuelle. «Cependant, il ne faut pas créer des zones d’un côté en perdant des emplois de l’autre», estime-t-il. L’intervenant donne l’exemple du quartier Bernoussi où 60.000 emplois sont créés sur mille hectares.

De plus, les zones d’activités ont, selon ses dires, besoin d’un nouveau souffle pour garder la compétitivité. «Il faut aussi de nouvelles zones d’activités économiques qui peuvent être industrielles entre autres», poursuit-il. Par l’occasion, il propose l’exemple des zones d’activités de proximité. Dans ce sens, des projets sont annoncés et d’autres sont, comme il le précise, en cours dans le cadre de ces zones. L’orateur, qui plaide pour une démarche industrielle à faire émerger pour gagner en compétitivité à l’échelle de l’économie et l’exploration de nouveaux territoires de croissance dans le cadre de la régionalisation avancée, met l’accent sur la production manufacturière.

«Dans la région, nous sommes, dans ce sens, à environ 17%. A l’échelle continentale nous sommes encore à des niveaux plus bas, ce n’est pas normal. Les échanges économiques du continent avec le reste du monde portent à 70% sur des produits bruts», détaille-t-il.

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