Fonds arabes : Le retour au bercail

Rapportés aux 900 milliards de $ placés à l’étranger, essentiellement aux Etats-Unis, le montant des investissements interarabes en l’an 2000 atteignaient à peine 2,6 milliards $. En 2001, les capitaux arabes investis dans les pays arabes ne représentaient que 0,34 % du total des investissements étrangers directs dans ces pays, dans un contexte où ces investissements ont connu un net recul. Depuis le 11 septembre, la donne semble changée. Depuis cette date, les foudres de la crise économique mondiale ne cessent de s’abattre sur les capitaux arabes en Occident. Ainsi, les experts estiment les pertes des placements privés saoudiens, notamment à la Bourse et dans les compagnies aériennes à plus de 40 milliards de dollars. Ajouter au climat de suspicion galopant à l’égard des fonds d’origine arabes en Occident, nombreux sont les investisseurs arabes qui ont procédé depuis au rapatriement de sommes considérables. Les attentats du 11 septembre sont probablement l’un des facteurs de ce mouvement, mais sans en être forcement le seul. Au Golfe arabique, des centaines de millions de dollars ont déjà regagné l’Arabie Saoudite. Ce retour a été facilité grâce à la progressive libéralisation économique dans le pays à travers la privatisation de certains secteurs, visant à attirer les investisseurs nationaux et étrangers. Aujourd’hui, l’Arabie Saoudite, le Koweït et les Emirats Arabes Unis constituent les principaux investisseurs arabes dans les pays arabes. La Tunisie, avec près de 780 millions de dollars, le Liban et le Soudan, aux alentours de 360 millions de dollars chacun, en sont les principaux bénéficiaires. Le Maroc, et selon les estimations de Club des investisseurs arabes a attiré jusqu’à maintenant pas moins de 4 milliards de $ en terme d’investissements arabes. Ce qui place ces investissements au 3e rang des investissements étrangers dans le pays après ceux des Français et des Espagnols. Ces investissements ont permis par ailleurs la création de pas moins de 20.000 emplois. Mais ces chiffres restent de loin insuffisants en comparaison avec le potentiel des fonds arabes qui cherchent encore à être investis à l’étranger. Et pour cause. Dans la foulée du marasme ambiant qui frappe l’économie mondiale après les attentats du 11 septembre 2001, la stratégie des investisseurs occidentaux se caractérise par de l’attentisme et de la prudence. Ce qui pénalise fortement les économies arabes qui connaissent depuis un ralentissement considérable dans le volume de leurs échanges commerciaux. La question qui se pose aujourd’hui est de trouver les meilleurs mécanismes pour ramener un maximum de capitaux arabes de l’Occident vers les marchés arabes. Les experts sont unanimes : les principales entraves à l’afflux des capitaux, arabes et étrangers résident dans les législations inadéquates et contraignantes, l’absence d’information et la faiblesse de la communication. Les solutions demeurent la libéralisation des économies nationales, la privatisation ainsi que la poursuite des réformes institutionnelles et économiques notamment dans le secteur bancaire. Ces mesures devraient également être accompagnées par le renforcement des échanges commerciaux interarabes qui restent pour le moment faibles.

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