Formation continue : Le palliatif

La mise à niveau de nos entreprises passe par la formation de leurs ressources humaines. Cependant, force est de constater que le déficit à ce niveau est flagrant. La plupart des structures nationales tourne avec des effectifs qui manquent de qualification s’ils ne sont pas, purement et simplement, analphabètes.
Le système de formation professionnelle n’est pour sa part, et jusqu’à une date très récente, pas en mesure de satisfaire ni les besoins en qualification des entreprises ni la demande des entreprises ni la demande sociale en postes de formation, indique un rapport de l’Institut allemand de Développement.
Jusqu’à présent, la formation professionnelle résidentielle constitue le mode de formation prédominant. Étant hautement scolarisée, elle ne permet guère aux stagiaires de se familiariser avec le milieu professionnel, de sorte que, presque la moitié des lauréats n’arrivent pas à intégrer facilement le marché du travail ou colmatent des troues, selon la même source.
Résultat : au Maroc, aujourd’hui, une proportion importante des salariés n’a pas eu accès à une formation générale suffisante et n’a pas non plus bénéficié d’une formation professionnelle initiale. Le taux d’analphabétisme dans les entreprises marocaines est très élevés.
Pour faire face à cette situation, le gouvernement a développé, avec l’appui de la Banque Mondiale, depuis 1996/97, deux mécanismes d’encouragement aux entreprises à travers une assistance technique et financière pour l’identification de leurs besoins en compétences et la réalisation des actions de formation qui en résulte. Il s’agit des Groupements Interprofessionnels d’Aide au Conseil (GIAC) et des Contrats Spéciaux de Formation (CSF).
Les GIAC sont des associations constituées sur la base du volontariat par les organisations professionnelles et ont, pour mission, la réalisation d’actions d’aide au conseil pour faire émerger la demande des entreprises en formation. Ils apportent une assistance technique aux entreprises adhérentes pour la préparation de leurs demandes de financement et financent les études de diagnostic stratégique à hauteur de 70%, sur la base d’un contrat entre l’entreprise et le GIAC.
Les CSF sont, pour leur part, un mécanisme qui consiste en la conclusion de contrats avec les entreprises pour le remboursement des dépenses engagées pour la réalisation de programmes de formation continue au profit de leurs salariés. Sont éligibles des actions d’ingénierie de formation, des actions de formation planifiées ou non planifiées et des actions d’alphabétisation fonctionnelle.
Le système a été rénové par l’incitation des entreprises à intégrer la formation dans leurs plans de développement, en leur accordant une assistance financière pour l’élaboration et la réalisation de leurs plans de formation. Grâce à ce mécanisme, l’effectif des bénéficiaires de la formation continue est passé de 27.000 en 1995 à 136.000 en 2000.
Parallèlement, plusieurs actions sont organisées par l’OFPPT au profit des salariés et des entreprises, notamment sous forme de cours de soir, de stages techniques, de séminaires ou d’assistance conseil aux entreprises. 14.400 salariés ont suivi des cours de soir en 1999/2000.
À noter qu’un projet de loi sur la formation en cours d’emploi a été élaboré pour clarifier l’organisation de la formation continue, pour définir le rôle des partenaires sociaux et pour préciser, en particulier, les mécanismes de financement.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *