Formation : Vision et attentes

«Du fait que le secteur touristique représente un réservoir considérable en matière d’opportunités d’emplois attrayants pour notre jeunesse, il importe de donner tout l’intérêt aux ressources humaines à travers une politique de formation adaptée quantitativement et qualitativement aux besoins de ce secteur ». Cela fait deux ans que le Roi Mohammed VI a tenu ces propos, dans son discours du 10 janvier 2001 à Marrakech. La date n’est pas fortuite puisqu’il s’est agi de la date de tenue des Assises nationales du tourisme, le lieu l’est encore moins. Le message est on ne peut plus clair : un secteur touristique fort et générateur de richesses, c’est d’abord une question d’hommes et de compétences. Besoin était donc, et est toujours, de procéder à un renforcement des filières d’éducation, de formation et de formation continue dans ce domaine.
La mise en oeuvre de la «Vision 2010» provoquera sur la période une demande d’emplois directs dans le secteur hôtelier d’environ 72.000 postes, avec un nombre annuel d’environ 6.000 entre 2002 et 2004, 8.000 entre 2005 et 2007, 10.000 entre 2008 et 2010.
Une demande répartie entre trois niveaux de qualification. Il y a d’abord le besoin en postes de haute gestion, qui représente 5% des chiffres avancés. Ensuite, il y a la nécessité d’avoir des cadres supérieurs et moyens ainsi que des techniciens spécialisés qui occupent 20% des besoins en compétences. Enfin figure le principal défi de la Vision 2010 : les techniciens et agents qualifiés. A eux seuls, ils se taillent la part du lion en matière de formation avec 75%. Le dispositif actuel devra former, sur la même période, quelque 54.000 lauréats de ce niveau.
Ce dispositif s’articule autour de trois opérateurs : le département du tourisme, à travers son réseau de 14 établissements, l’Office de la formation professionnelle et de la promotion et travail (OFPPT), avec ses trois établissements spécialisés et les établissements privés, qui regroupent 28 instituts de formation professionnelle. Le département du tourisme dispense trois niveaux de formation : technicien spécialisé, technicien et qualification. Il dispose d’une capacité d’accueil de 3.070 places. La formation des cadres est assurée par l’Institut supérieur international du tourisme de Tanger (ISITT) avec une capacité de 450 places. L’OFPPT dispose de 1.130 places, les établissements privés offrent, quant à eux, 1.160 places. La capacité globale de ces institutions est de l’ordre 5.800 places. Elles produisent annuellement 2.800 lauréats seulement dont 600 cadres alors que l’objectif est de 8000 lauréats à l’horizon 2010. L’écart entre les intentions et la réalité est donc immense.
L’augmentation des capacités d’accueil de ce dispositif, ainsi que l’amélioration de la qualité de la formation dispensée, sont par conséquent nécessaires. L’offre des trois opérateurs précités a été revue à la hausse. C’est ainsi que la capacité du département du tourisme a été fixée à près de 5000 places à l’horizon 2010, celle de l’OFPPT à 2.810 et celle du privé à 3.565. le tout pour atteindre un total de 10.455 places. Le nombre des lauréats s’en verra hissé de 2.823, le chiffre actuel, à 7.756. Au delà de ces estimations, d’autres chantiers sont également lancés. Une étude lourde a été entamée en 2002. Elle porte sur la planification de la formation et ses perspectives de développement. L’objectif est de recenser les nouveaux métiers en vue de créer de nouvelles filières de formation et développer des programmes adéquats ainsi que la mise en place, à partir de cette nouvelle année, d’un système normalisé d’autonomie de gestion des établissements de formation. Des initiatives qui tracent un long chemin à parcourir aussi bien dans le secteur que dans la formation professionnelle, nécessaire à son développement.

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