Fourtou remet le chèque

Fourtou remet le chèque

C’est désormais officiel : Maroc Telecom passe du statut d’entreprise publique à celui d’entreprise privée. Jean-René Fourtou, président directeur général de Vivendi Universal, qui a été reçu en audience mardi 4 janvier 2005 par SM le Roi Mohammed VI, a remis le chèque de 12,4 milliards dhs (environ 1,1 milliard d’euros), prix de la cession des 16% supplémentaires du capital de Maroc Telecom.
Le Maroc et Vivendi Universal ont signé le 18 novembre dernier l’accord en vertu duquel Vivendi Universal acquiert 16% supplémentaires du capital de Maroc Telecom.
Le prix de cession inclut outre la valeur des 16% du capital de Maroc Telecom, une prime de pérennisation du contrôle.
Cette 2ème cession illustre une nouvelle étape dans le partenariat stratégique entre le Maroc et Vivendi Universal, qui a été largement bénéfique pour toutes les parties concernées, ainsi que pour l’économie nationale. En témoigne, le beau parcours boursier de la valeur depuis son introduction. Le titre Maroc Telecom progresse de plus de 30%, avec un pic à 8,57 euros. Peu après le début de sa vie boursière à Paris (le titre est coté principalement à Casablanca, où il a été introduit en même temps), l’action valait 7,43 euros alors que le cours de référence pour l’introduction avait été fixé à 6,16 euros. La filiale de Vivendi Universal a eu du mal à coter sur le marché, les investisseurs ayant plébiscité le dossier. Ces performances ont ouvert les appétits des investisseurs boursiers, intéréssés par des arbitrages entre les deux places Paris et Casablanca. Certains intermédiaires cherchent à acheter à la Bourse de Casablanca, puis vendre à Paris. Les plus-values sont conséquentes.
Juridiquement et techniquement, rien de s’y oppose. Selon le gendarme de la Bourse, le CDVM, la législation en la matière y est favorable. Côté dépositaire central, Maroclear, le compte ouvert par le dépositaire européen, Euroclear, permet l’échange de titres, en conformité avec les standards européens. Par contre, l’inconnue reste la législation de change.
Contactés, les responsables de l’Office des changes restent injoignables ! Les différentes sollicitations sont restées sans réponse…et l’on comprendrait les galères des investisseurs étrangers!
Toujours est-il que l’importance de l’opération de cession des 16% supplémentaires du capital de Maroc Telecom aussi bien sur le plan économique que politique est du premier ordre.
Selon l ‘argentier du Royaume, Fathallah Oualalou, cette opération s’inscrit dans le cadre de la poursuite de la politique de libéralisation du secteur des telecommunications, qui a atteint un haut niveau de maturité avec un « opérateur historique » adossé à un partenaire de renommée internationale, deux licences de téléphonie mobile et un régulateur indépendant. M. Oualalou a précisé que depuis l’ouverture de son capital, l’entreprise Maroc Telecom a réalisé des performances économiques, opérationnelles et financières exceptionnelles et en constante progression. Pour sa part, Jean-René Fourtou a souligné que le présent accord entérine l’engagement à long terme entre le Maroc et l’entreprise qu’il dirige dans le cadre d’un partenariat « extrêmement fructueux » pour toutes les parties.
La transaction et l’entrée en Bourse parisienne de l’entreprise Maroc Telecom, souscrite à 31 reprises, est une preuve tangible de la grande confiance que les milieux internationaux ont dans la monnaie marocaine, dans le système légal et politique du Maroc, et en la capacité de développement du pays. Ce partenariat stratégique, qui pérennise les pouvoirs de gestion opérationnels de Vivendi Universal, a conclu M. Fourtou, n’a été possible que grâce à une réelle volonté royale.
En Bourse, le titre Vivendi a débuté l’année en fanfare et pourrait encore en profiter puisque Lehman Brothers aurait relevé de « pondération en ligne » à « surpondérer » sa recommandation sur la valeur, tout en ajustant plusieurs autres dossiers du secteur média à la baisse. Pour le Maroc, l’introduction en Bourse de Maroc Telecom, la plus grande jamais réalisée au Maroc, revêt une importance particulière aussi bien pour la place financière de Casablanca, qui l’attendait depuis longtemps, que pour les pouvoirs publics (le déficit hors-privatisation pourrait s’élever à 7 %, selon des experts).
Pour l’opérateur national, le chiffre d’affaires consolidé pour les neufs premiers mois de l’année dernière, a progressé de 12 % à 13,304 milliards de dirhams (contre + 5 % une année auparavant) et le résultat d’exploitation a atteint 5,843 milliards de dirhams, en hausse de 14 %. Dans la foulée, le ratio résultat d’exploitation/CA a progressé de 43 %. L’évolution de ces chiffres montre que la croissance de Maroc Telecom s’accélère, pour le grand bien de ses actionnaires, l’Etat marocain, désormais, en second!

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