France : L’Etat planche sur les moyens de secourir France Télécom

C’est aujourd’hui que se tient le conseil d’administration du groupe France Télécom. L’Etat, son principal actionnaire, planche activement sur les moyens de secourir l’opérateur de télécoms, ébranlé par une profonde crise financière. Le gouvernement, qui devra également décider s’il maintient ou non à son poste l’actuel PDG du groupe Michel Bon, étudie les différentes solutions financières possibles : augmentation de capital, emprunts garantis par l’Etat, émission de titres obligataires dits perpétuels, etc. Les réunions de travail continuent à Bercy, mais rien n’est encore arrêté, indiquait-on au ministère de l’Economie et des Finances mardi dernier à la mi-journée.
L’Etat, qui détient 55,4% du capital de France Télécom, a promis jeudi dernier de prendre des mesures adéquates de soutien si nécessaire et de se comporter en investisseur avisé. Le leader français sur les activités de téléphonie fixe, mobile et sur l’Internet, qui doit présenter aujourd’hui en conseil d’administration ses résultats semestriels, pourrait afficher à la fin de l’année une dette d’environ 70 milliards d’euros, soit une aggravation de 10 milliards d’euros en un an en dépit des cessions d’actifs déjà réalisées. France Télécom devra d’autre part faire face à 15 milliards d’euros d’échéances l’an prochain, alors que ses fonds propres pourraient se réduire fortement notamment en raison de dépréciations d’actifs.
Le serpent de mer de l’augmentation de capital a ressurgi avec force ces derniers jours, mais cette option, combattue par Michel Bon en raison de la faiblesse actuelle du titre, présente des inconvénients notoires.
Une telle opération permettrait certes de lever 10 ou 15 milliards d’euros, selon certaines estimations d’analystes financiers. Mais le contexte boursier rend l’opération très difficile à réaliser, et aurait des implications financières, politiques et sociales délicates. Cette option lèserait les actionnaires d’origine, au premier rang desquels l’Etat, si elle était faite à bas prix, répétait fin juillet Michel Bon. L’Etat se verrait en effet obligé de contribuer pour la moitié à l’opération s’il souhaite rester majoritaire, soit une facture de plus de 5 milliards d’euros. L’opération entraînerait d’autre part une forte dilution des actionnaires actuels, parmi lesquels se retrouvent les 92% des 206.000 salariés du groupe à détenir des titres. Les partisans d’une augmentation de capital « manquent d’imagination, commentait récemment une source proche du dossier, ajoutant qu’il existe plein d’autres formes de soutien possible pour l’entreprise.
Pour honorer ses 15 milliards d’euros d’échéances, France Télécom pourrait lancer des emprunts obligataires garantis par l’Etat, ou procéder à un placement de titres de sa filiale de téléphonie mobile Orange.

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