France : Polémique sur l’emploi low-cost

Une offre de l’Agence nationale pour l’emploi (ANPE) proposant d’aller travailler en Inde pour l’équivalent en roupies de quelques centaines d’euros, a déclenché la polémique le week-end dernier en France, alors que le gouvernement veut durcir les conditions de l’assurance chômage. «Est-ce que, pour le gouvernement, cela fait partie des offres raisonnables d’emploi?», s’est interrogé Alain Lecanu, du syndicat de cadres CFE-CGC, avant la première grande réunion, ce mardi, entre les syndicats, le patronat et le gouvernement, sur l’avenir de l’assurance chômage. Le gouvernement veut rendre la législation plus coercitive et obliger les salariés au chômage, et indemnisés en tant que tels, à accepter un emploi, même moins payé ou plus éloigné que souhaité. L’offre d’emploi, placée sur un site Internet de l’ANPE, porte sur un poste d’informaticien à Pondichery (Inde) nécessitant la connaissance de l’anglais courant et technique, avec une rémunération allant de 10.000 à 20.000 roupies (160 à 320 euros) par mois pour 40 heures de travail hebdomadaires. Du jamais vu dans les offres de cet organisme public chargé d’assister les demandeurs d’emplois dans leur recherche. Dans un communiqué, le Parti socialiste (opposition) a exigé le retrait immédiat d’une annonce «d’un cynisme indécent, insultante pour les travailleurs français en recherche d’emploi», et qui suggère «un insupportable nivellement par le bas avec les salaires des pays en développement». L’ANPE propose généralement des offres d’emploi à l’étranger avec des salaires français (comme 20.000 à 35.000 euros annuels pour un poste de développeur informatique à Casablanca au Maroc). La France connaît depuis 2006 une décrue du chômage, qui s’est établi fin 2007 à 7,5% de la population active malgré des perspectives de croissance décevantes. Le président Nicolas Sarkozy, qui s’est engagé à atteindre le plein emploi en cinq ans, connaît actuellement une très forte chute de popularité, les Français lui reprochant notamment de ne pas faire assez pour leur pouvoir d’achat, devenu leur sujet de préoccupation numéro un devant l’emploi.

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