France : Retour à l’équilibre des finances publiques

La révision de la croissance française en 2002, abaissée d’un point par rapport à la prévision précédente, a engendré des interrogations sur la date à laquelle sera atteint l’équilibre des finances publiques et créé une impression d’embarras du gouvernement.
Le gouvernement a fait preuve d’un changement de stratégie notable dans l’annonce de ses prévisions. En septembre, son hypothèse d’une croissance de 2,5% du produit intérieur brut (PIB) était très optimiste par rapport à la fourchette des économistes, qui allaient de 1,2% à 2,7%. En ramenant jeudi cette prévision à 1,5%, il a choisi d’épouser un profil raisonnable, pile dans la moyenne des économistes, avec un retour à 3% en 2003. Cela a surpris un certain nombre d’économistes, qui misaient il y a quelques jours encore sur une annonce plus élevée. Ainsi, pour Marc Touati, de Natexis Banques Populaires, « le gouvernement a voulu jouer la prudence, à deux mois des élections, en espérant accumuler à partir de maintenant des bonnes surprises » qui donneraient une impression favorable aux Français. Mais le corollaire d’une révision aussi puissante est de revoir automatiquement à la baisse les rentrées fiscales, et donc, à terme, la date du retour à l’équilibre des finances publiques : or, le gouvernement, en décembre encore, s’est engagé auprès de Bruxelles à ce que cet équilibre soit atteint en 2004 sur la base d’une croissance de 3% par an en moyenne, ou en 2005 sur la base d’une croissance de 2,5%.
Ni Laurent Fabius, le ministre de l’Economie, absent des médias jeudi et vendredi, ni Florence Parly, la secrétaire d’Etat au Budget, interrogée sur France Inter vendredi, n’ont évoqué la date du retour à l’équilibre. Seuls des conseillers de Bercy, jeudi, avaient estimé que le retour à l’équilibre « peu ou prou » aux dates prévues, n’était pas remis en cause, un retour vigoureux de la croissance devant logiquement succéder au creux de la conjoncture. La commission de Bruxelles, davantage préoccupée des dérapages budgétaires de l’Allemagne et du Portugal, n’a pas paru inquiète des nouvelles prévisions françaises. « Au vu des déclarations (des Français), on comprend bien qu’ils respecteront leurs engagements à moyen terme d’atteindre un objectif proche de l’équilibre ou d’excédent pour ce qui concerne le budget », a déclaré vendredi son porte-parole.

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