France : Risque réduit de l’inflation

Dans sa dernière note, l’Insee (Institut de la statistique) estime que la fin du gel des prix lié au passage à l’euro ne devrait pas avoir d’impact significatif sur l’inflation en France. L’Institut rappelle que les grandes surfaces et leurs fournisseurs s’étaient engagés à geler leurs prix jusqu’au 31 mars afin de faciliter le passage à la monnaie unique. A noter que la levée du gel concerne les prix des produits manufacturés hors biens durables et les prix alimentaires hors produits frais qui comptent pour environ 25% de l’indice des prix. Ces prix, précisons-le, étaient assez stables depuis octobre dernier. «Il est assez logique qu’ils soient réajustés mais nous ne prévoyons pas de flambée», souligne l’Insee.
Dans ses prévisions pour le premier semestre rendu, les analystes de l’Institut tablent sur une nette réduction de l’inflation qui, sauf flambée des prix du pétrole, serait de 1,3% sur douze mois à fin juin, contre 2,2% en janvier.
Ils estiment que le passage à l’euro avait eu un impact limité de 0,1 point sur l’indice des prix de janvier. Après une analyse des comportements des différentes composantes de l’indice, l’Insee a indiqué qu’ «aucun impact significatif de l’euro sur les prix n’a été retenu dans les prévisions d’ici la fin juin 2002».
Hier, l’Institut a annoncé que les prix de vente pratiqués par les industriels étaient restés stables en février après une hausse de 0,2% en janvier. Sur un an, ces prix ont affiché un recul de 1,3%. Les prix des produits des industries agroalimentaires ont reculé de 0,4%, alors que les prix des biens de consommation ont augmenté de 0,1%, ceux des biens d’équipement ont diminué de 0,1% tout comme ceux des biens intermédiaires. Pour plusieurs économistes, ces chiffres confirment qu’il n’y a pas de risque inflationniste à moyen ou long terme, sauf en cas de forte hausse des prix pétroliers. Notons que les prix du pétrole ont atteint jeudi un plus haut de six mois à 26 dollars le baril en raison des tensions au Proche-Orient et des signes de reprise économique aux Etats-unis et en Europe. Par ailleurs, l’Insee s’attend à une reprise fragile de l’activité d’ici l’été prochain. Même si les risques de hausse de prix demeurent, ces prévisions reposent essentiellement sur le restockage et sur la désinflation.
L’Institut de la statistique estime que la croissance connaîtra un bond, après avoir reculé de 0,1 % au quatrième trimestre 2001. Selon ses prévisions, le PIB augmenterait de 0,3 % au premier trimestre puis de 0,5 % au deuxième. Rappelons que les précédentes estimations datées de décembre dernier étaient beaucoup plus modestes.

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