GDF-SUEZ : l’opposition dit non à la fusion

GDF-SUEZ : l’opposition dit non à la fusion

L’UMP s’est dite lundi "estomaquée" par le nombre d’amendements, plus de 100.000, déposés par l’opposition socialiste et communiste sur le projet de loi de privatisation de GDF, et n’exclut pas le recours par le gouvernement à l’article 49-3 de la Constitution. «Nous sommes estomaqués par la pratique du Parti socialiste. Plus de 100.000 amendements, cela représente plus de dix années de travail parlementaire», a affirmé Luc Chatel, porte-parole de l’UMP, lors de la conférence de presse hebdomadaire du parti majoritaire à Paris. «On ne peut pas d’un côté afficher, des grands principes, la revalorisation du travail parlementaire, et de l’autre côté, le rabaisser ainsi. C’est contradictoire», a-t-il affirmé, en ajoutant que le PS devrait faire "son vrai travail d’opposition" et non déposer "des amendements d’obstruction".
«Nous ne sommes pas des fanas du 49-3. Mais ça (ndlr: sa possible suppression, souhaitée par le président de l’UMP Nicolas Sarkozy), c’est pour l’avenir. Le 49-3, il existe», a ajouté M. Chatel, laissant entendre que le gouvernement pourrait y recourir. L’article 49-3 permet au gouvernement de faire adopter un texte sans vote, en engageant sa responsabilité devant l’Assemblée. Valérie Pécresse, également porte-parole, a de son côté expliqué que l’UMP soutenait le projet de privatisation de GDF – malgré l’opposition de quelques députés UMP et le fait que M. Sarkozy ait hésité avant de se déclarer pour – parce que "le gouvernement a fait (un) effort de pédagogie pendant les deux derniers mois".
Selon elle, le gouvernement a su «prouver qu’il s’agissait d’un projet industriellement solide», capable d’«offrir un certain nombre de garanties particulièrement sur la question des prix de l’énergie».
Le projet de loi de privatisation de GDF, préalable à la fusion avec Suez , doit être examiné par les députés du 7 au 22 septembre. Plus de 100.000 amendements, essentiellement provenant des socialistes et des communistes, ont été déposés sur ce texte, ce qui constitue un record sous la Vème République.
Le ministre des Finances, Thierry Breton, s’est de son côté dit lundi "très confiant" d’obtenir une majorité parlementaire pour son projet de loi préalable à la fusion entre les groupes GDF et Suez, estimant que l’opposition finirait par "devenir raisonnable".
«Je crois que là-dessus, il n’y a aucune ambiguïté. Le président du groupe parlementaire, Bernard Accoyer, l’a dit à maintes reprises, le président de notre mouvement Nicolas Sarkozy a rappelé tout le monde à l’unité. Et donc effectivement je suis très confiant sur le fait qu’il y aura une majorité, là-dessus, pour moi ça ne fait plus l’ombre d’un doute», a-t-il déclaré sur la chaîne Canal+.
Interrogé sur cette stratégie de l’opposition, le ministre a estimé que «ce n’est pas sérieux, parce que nous sortons du champ de la démocratie. (…) Si certains veulent s’amuser à ce blocage parlementaire, parce qu’il n’y a pas d’autre mot, eh bien, ils en assumeront les responsabilités» en termes électoraux.
Pressé de dire si le gouvernement pourrait avoir recours à l’article 49.3 (adoption d’un texte sans vote) pour faire passer son projet, comme l’a évoqué dans une entretien lundi le président UMP de la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale Patrick Ollier, M. Breton s’est dit un "résolu optimiste". «Je suis convaincu qu’à terme et j’espère que le terme se rapproche, la raison va revenir dans les rangs de l’opposition (…) Il y a un moment où tout le monde va se lasser», a-t-il répondu. «Je suis absolument convaincu qu’ils finiront par redevenir raisonnables», a-t-il dit.        

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