Gérard Franchini : «Le marché marocain est stratégique pour Airbus Helicopters»

Gérard Franchini : «Le marché marocain est stratégique  pour Airbus Helicopters»

Entretien avec Gérard Franchini, directeur des ventes Afrique-Maghreb de Airbus Helicopters

Airbus Helicopters affiche clairement son ambition de se renforcer sur le marché marocain. En témoigne la présence en force de ses équipes lors de la 6ème édition du Marrakech Air Show qui se tient du 24 au 27 octobre. Le fabricant d’hélicoptères civils et militaires a présenté à cette occasion ses dernières innovations technologiques, incluant les hélicoptères H125M et H145M. Pour en savoir plus, nous sommes allés à la rencontre de Gérard Franchini.

ALM : Vous êtes présents en force lors du Marrakech Air Show cette année, que représente pour vous le marché marocain ?

Gérard Franchini : Le Maroc est un pays stratégique pour Airbus dans le domaine de l’hélicoptère. Il y a plus de 100 hélicoptères de notre fabrication qui volent au Maroc à la fois dans l’armée de l’air, dans la gendarmerie et pour la marine. Notre présence est indispensable pour soutenir les forces marocaines et pour maintenir en vol ces hélicoptères. Elle est aussi importante pour assister nos clients marocains dans le cadre des évolutions que connaissent ces appareils, notamment pour des acquisitions nouvelles dans un cadre industriel. Notre volonté c’est aussi d’accompagner le Maroc afin de mettre en place l’écosystème indispensable pour avoir sur place, c’est-à-dire au Maroc, des capacités locales de maintenance des hélicoptères et de formation des équipages et des techniciens. Dans ce sens, nous disposons aujourd’hui d’un «footprint» industriel existant à travers Stelia qui appartient 100% à Airbus. En ce moment, on est également en discussion avec l’armée de l’air pour remettre en état les Puma et renouveler les flottes. Nous sommes également en discussion pour renouveler les appareils d’attaques, cela concerne les Gazelles qu’on avait vendues au Maroc il y a plusieurs années. On est également en discussion avec la gendarmerie pour renouveler les flottes. Dans ce cadre-là et à travers la modernisation des appareils, Airbus Helicopters souhaite développer au Maroc les compétences qui permettront au pays d’avoir sous la main et avec une réactivité importante des compétences locales dans le domaine. Nous avons aussi signé un partenariat avec Heliconia Aéro Solutions (Heliconia Industrie). Heliconia devient aujourd’hui un centre de maintenance Airbus pour les hélicoptères légers. Heliconia étant un partenaire majeur au Maroc avec notamment le ministère de la santé puisqu’ils font des opérations de Samu pour le Maroc avec nos hélicoptères et ils font également plusieurs opérations aériennes de service public.

Pourquoi ce marché est-il stratégique pour vous ?

Sur le continent africain, c’est un des pays qui a le plus d’hélicoptères. On s’appuie notamment sur le Maroc pour démontrer que nos hélicoptères sont efficaces pour répondre aux besoins des opérationnels. A ce titre, je pense que l’armée de l’air ou la gendarmerie sont totalement satisfaits des services rendus par nos machines. Nous sommes le numéro un mondial et nous sommes aujourd’hui en train de travailler sur la capacité à développer localement les compétences chez nos clients de façon, entre autres, à réduire les délais de livraison de pièces détachées et à assurer l’assistance technique.

Pour les moins érudits, quelles sont les particularités des hélicoptères Airbus?

Les hélicoptères Airbus savent répondre à tous les types de missions. La gendarmerie le sait très bien puisqu’elle possède tous les hélicoptères de la gamme. Nos hélicoptères sont capables d’effectuer toutes les opérations de services publics, que ce soient celles qui concernent les forces de police, les opérations effectuées par les pompiers afin de lutter contre les incendies, les opérations d’évacuation, de transport de personnes ou de VIP. On peut aussi faire de la surveillance de frontières, ou de l’attaque avec un hélicoptère léger. On est capable de répondre à tous les besoins avec des hélicoptères qui sont polyvalents et qui peuvent être reconfigurés à moindre coût pour remplir des missions publiques et d’autres militaires.

Quels sont les prix de ces hélicoptères ?

Pour déterminer le prix, il faut discuter avec le client sur le service que doit rendre l’hélicoptère. Je vous explique : l’hélicoptère qui va répondre à une mission bien déterminée nécessite des équipements et il doit donc être équipé. Ces équipements ont un coût et je serai incapable de vous donner un prix si je n’ai pas la mission exacte et le cahier des charges qui va permettre de bâtir une offre commerciale qui sera de toute façon compétitive. Parce que Airbus est capable aujourd’hui de faire des offres très compétitives étant donné qu’on travaille sur la réduction des coûts. Nous  proposons à nos clients des solutions qui sont adaptées à leurs capacités financières et en même temps pour répondre à leurs besoins.

Quel est votre positionnement sur le marché africain?

Nous avons plus de 600 hélicoptères de tous types qui volent sur le continent. On est très bien placé sur le marché civil.

Le marché militaire reste un peu difficile à pénétrer mais on travaille sur des solutions qui seraient entre autres dans le domaine de l’hélicoptère d’attaque ou dans le domaine tactique. Nous disposons de solutions qui permettent d’apporter des réponses à la demande dans ces domaines à un coût acceptable aux clients.   

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