Gestion des ressources hydrauliques au Maroc: Un problème de gouvernance

Gestion des ressources hydrauliques au Maroc: Un problème de gouvernance

Promouvoir l’agriculture durable et faire face à la pénurie d’eau que connaît la région étaient les deux thèmes principaux de l’atelier organisé par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) mardi à Rabat.

L’atelier a connu la participation de plusieurs responsables gouvernementaux aux côtés des experts de la FAO, notamment la ministre déléguée auprès du ministre de l’énergie, des mines, de l’eau et de l’environnement chargée de l’eau, Charafat Afilal, en plus des représentants des différents secteurs liés à la problématique de la pénurie d’eau tels que le Haut-commissariat aux eaux et forêts, le ministère de l’agriculture et de la pêche maritime ou encore l’Office national de l’électricité et de l’eau potable.  S’exprimant à cette occasion, Mme Afilal a assuré l’engagement de son département à faire face à la pénurie d’eau, soulignant le lien étroit entre la bonne gestion des ressources hydrauliques et la sécurité alimentaire.

La ministre a aussi rappelé, dans ce sens, les problèmes de pénurie qu’a vécu le Maroc auparavant et l’importance «d’apprendre de ces expériences».

Par ailleurs, l’heure était avant tout au bilan, avec la présentation du rapport national d’évaluation sur l’initiative régionale pour faire face à la pénurie d’eau. Le rapport établi par un groupe de travail interministériel et présenté par Omar Aloui, consultant national, analyse la situation du Maroc en ce qui concerne la gestion des ressources hydrauliques et la sécurité alimentaire.

A cet égard, l’étude a noté une amélioration substantielle du classement du Maroc dans les indices mondiaux, notant que le pays affiche un indice GHI «modéré», figurant ainsi parmi les 40 premiers pays dans le monde en matière de sécurité alimentaire. M. Aloui a toutefois tenu à souligner que «cette amélioration cache plusieurs faiblesses, notamment en ce qui concerne la volatilité de la production agricole, le PIB par tête en parité de pouvoir d’achat et la faiblesse des dépenses publiques affectées à la recherche agronomique». L’évaluation de l’initiative régionale pour faire face à la pénurie d’eau a également abouti sur une série de recommandations. Le rapport a, tout d’abord, confirmé le rôle primordial de la bonne gouvernance dans la gestion des ressources hydrauliques «Il ne peut pas y avoir de consensus sur l’eau au Maroc. Les positions des différents acteurs sont trop difficiles à concilier.

Voila pourquoi la gestion hydraulique est une question de gouvernance et surtout de régulation», a souligné M. Aloui, ajoutant qu’il s’agit de renforcer en priorité les actions entreprises à l’échelle locale, qui prennent en compte les contextes particuliers de chaque région. Le rapport a également recommandé la mise en place de projets pilotes menés dans certains bassins hydrauliques qui permettront d’élaborer des plans d’actions de la gestion de la pénurie acceptables par toutes la parties prenantes.

L’atelier était aussi l’occasion d’annoncer le lancement au Maroc de la nouvelle initiative de la FAO: «Construire une vision commune pour une alimentation et une agriculture durables».

Le Maroc fait ainsi partie des quatre pays pilotes où sera appliquée l’approche alimentation et agriculture durables de la FAO, aux côtés du Bangladesh, du Brukina Faso et du Rwanda. Présentée par Michael George Hage, représentant de la FAO au Maroc, et Clayton Campanhola, coordinateur au sein de la FAO, cette initiative a pour objectif principal d’assurer la transition vers une agriculture et une alimentation durables à travers l’amélioration de l’efficience des ressources, la protection des ressources naturelles et des moyens de subsistance de la population et la promotion d’une gouvernance efficace.

Sara El Majhad
Journaliste stagiaire

 

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