Global Entrepreneurship Summit: Une ouverture sous le signe de la femme

Global Entrepreneurship Summit: Une ouverture sous le signe de la femme

C’est hier qu’a eu lieu l’ouverture officielle de la 5ème édition du Global Entrepreneurship Summit. L’entrepreneuriat au féminin a été fortement mis en avant compte tenu de la volonté royale de valoriser la femme dans l’économie marocaine.

Zoulikha Nasri, conseiller de SM le Roi Mohammed VI, a ouvert la séance plénière où de nombreuses personnalités du Maroc et de plus de 50 autres pays sont venues pour s’associer à cet événement organisé pour la première fois en Afrique.  Nizar Baraka, président du Conseil économique, social et environnemental, rencontré avant l’ouverture officielle, insistera sur la position du Maroc en tant que hub régional.

Partant de là, cet événement trouve toute sa légitimité dans un contexte où le marché du travail national ne peut plus absorber toutes les compétences. Dès lors, la nécessité d’initier la création d’entreprises s’impose de fait. Les pays développés ont intégré cette donne dans leur politique gouvernementale depuis des décennies. Le pont entre l’université et l’entreprise aidant fortement à une telle action.

Le témoignage de Penny Pritzker, secrétaire d’Etat au commerce aux Etats-Unis, est édifiant à ce titre. «Nous encourageons aux Etats-Unis l’initiative de l’entrepreneuriat. Nous célébrons même les résultats des entreprises en citant les success-stories de telle sorte à donner l’envie aux autres pour se lancer dans l’aventure. L’histoire de l’Amérique a été bâtie grâce justement à des personnes comme Bill Gates et d’autres encore… ».

Et c’est dans cette optique que le président Barack Obama entend promouvoir dans les autres pays ce genre de démarche pour faire prospérer les économies des autres nations. La volonté souveraine est également réelle. L’organisation d’un tel événement en représente la preuve. Dans les coulisses, organisateurs marocains et américains s’affairent pour poser côte à côte les drapeaux respectifs des deux Nations pour réaffirmer la volonté des deux chefs d’Etat.
Le symbole est fort et les journalistes venus de plus de 50 pays zoomeront à travers leur objectif pour transmettre cette image forte à leur audience.

Précisément dans le cas de l’entrepreneuriat au féminin où la politique du genre devient une donne à ne pas évincer des différentes réformes au Maroc. La secrétaire d’Etat au ministère du commerce rappelle que l’exercice n’est pas simple, même dans des nations développées où le mentoring existe déjà. Les levées de fonds représentant le principal obstacle. L’exercice demeure salutaire. Au Maroc, la proportion à part égale entre la population masculine et féminine justifie cet exercice, plus que nécessaire.

«Les ambassadrices du président Barack Obama dont je suis la présidente accompagnent des femmes entrepreneurs. Les success-stories sont importantes et certaines ont démarré avec un apport de 300 dollars seulement. Certaines ont réussi à faire de leurs produits des marques internationales. Mais les obstacles avant d’y arriver sont nombreux. Souvent les femmes n’ont pas les outils nécessaires pour démarrer leurs entreprises, qu’il s’agisse aux Etats-Unis ou dans d’autres nations. La nécessité d’un Etat de droit conditionne fortement la réussite de l’initiative», témoigne Mme Pritzker.    

La facilitation de l’accès au financement passant justement par la création de plate-forme d’échanges, un des objectifs de l’événement est bien celui-ci. Les différents porteurs de projets qui ont été sélectionnés à travers des ONG actives comme l’AFEM seront, en effet, en compétition et un prix sera décerné au meilleur projet.

Un projet qui sera candidat à un financement partiel, ce qui est un encouragement de taille pour une start-up possédant l’idée mais pas forcément le capital.
De son côté, Miriem Bensalah-Chaqroun ne contredira certainement pas les propos de la secrétaire d’Etat au commerce américaine. «Ce sommet donne une impulsion pour l’entrepreneuriat au féminin. Le changement de paradigme est clair au Maroc et j’en suis ravie», commente la présidente de la CGEM en empruntant la langue américaine pour être en phase avec l’événement.

Il est évident qu’une femme à la tête de la CGEM représente déjà une forte volonté de valoriser la femme, selon le discours royal du 20 août 1999. Zoulikha Nasri n’a pas omis de le souligner en guise d’ouverture de l’événement. Les témoignages de femmes entrepreneurs marocaines et d’autres venues d’ailleurs (Zimbabwe, Arabie Saoudite, Jordanie, Royaume-Uni…) apporteront certainement plus de détails au domaine de l’entrepreneuriat au féminin. Les ateliers et les conférences programmés le long de la journée ont été organisés à cette fin. Ils devront permettre de créer une communauté entre les différents participants. Les débats s’annoncent prometteurs mais l’impact d’un tel événement ne sera réel que si des décisions concrètes sont prises dans la facilitation de l’accès au financement.  Les dés sont jetés. Il s’agira de créer les bons outils cette fois-ci pour donner le goût à l’aventure aux jeunes et moins jeunes. Hommes et femmes, ils sont concernés. Il en va de la santé d’une économie.

Le Maroc, à travers cette initiative, en est conscient. Reste à fédérer les bonnes personnes pour créer des hubs performants au service du mentorat, de l’étude du risque et d’accompagnement. Les associations existent dans ce domaine, les institutions concernées réfléchissent à des mécanismes, le CES intègre cette donne essentielle au diagnostic global. Il faudra, néanmoins, créer des ponts entre les différents organes engagés dans ce sens et dénicher les bons porteurs de projets de telle sorte à en faire des modèles de réussite.

Il n’y a pas de recette à ce niveau et il s’agit d’instaurer une culture. Et c’est là où réside la difficulté. L’exercice ne sera pas simple. Mais il en vaut la chandelle.

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