GoodYear en quête d’une nouvelle route

GoodYear en quête d’une nouvelle route

«Nous n’allons pas fermer!», clame Mohamed Touhami El Ouazzani. Le directeur commercial et marketing de Goodyear rejette en bloc les déclarations de certains syndicalistes qui accusent l’entreprise de préparer en catimini un plan de désengagement du Maroc. «Nous sommes en restructuration et en phase de négociations avec les syndicats et l’Etat», ajoute M. Touhami El Ouazzani. Le haut cadre de Goodyear reconnaît tout de même que son entreprise fait régulièrement appel à l’import. «Ce qui ne signifie pas pour autant que nous allons abandonner la production locale. Nous sommes dans un marché en évolution. Nous importons pour répondre aux besoins de la mutation».
Les difficultés financières que traverse Goodyear en ce momment ne sont pas liées au veillissement de l’outil de production. «Il y a un investissement régulier. Mais compte tenu de notre appartenance à une entité internationale, les décisions stratégiques sont prises ailleurs ». L’entreprise se dit donc  ouverte aux négociations avec les syndicats. Malgré cette main tendue, les différentes réunions entre le patronat et les représentants du personnel n’ont pas encore débouché sur du concret. Le mardi 12 juillet, la  rencontre tenue à la  préfecture n’a rien donné de bon. «La direction donne l’ impression de ne pas vouloir négocier», lance  Moustapha Louahi, secrétaire général du syndicat Goodyear affilié à l’UMT. Après l’échec de cette entrevue, aussi inutile que celles des 13 et 28 juin dernier, les
espoirs se rapportent désormais sur la prochaine réunion prévue avec le gouverneur d’Aïn Sebâa. De cette entrevue dépendra le sort de quelque 150 employés inscrits sur le départ dans le plan de restructuration.  La direction tient toujours à négocier le départ par tranches de salaires.  Condition rejetée par les syndicats qui veulent inclure dans les négociations la notion d’ancienneté. Seule avancée sur ce sujet jusque-là, la décision prise par le staff de revoir les bases de calcul des indemnités de départ. Dans la proposition de la direction,  les ouvriers gagnant moins de 5.000 dirhams percevront 75.000 dirhams, contre 202.500 pour la catégorie supérieure. «Si nous acceptons ce principe, précise un délégué syndical,un salarié embauché il y a vingt ans toucherait la même prime de départ qu’un ouvrier recruté l’année dernière». Et d’ajouter : «La direction veut gagner du temps. Toutes ces négociations tournent en rond!». Les difficultés de l’industrie du pneu sont liées, selon les professionnels du secteur, à la contrebande. «Il y a des entreprises qui arrivent toujours à contourner les dispositions légales, mais ce n’est pas là le principal problème », indique un cadre de Goodyear. «Tant que rien n’est fait pour lutter contre la contrebande, qui touche aussi d’autres secteurs, tout investissement est risqué». Une chose est sûre, dans les négociations qu’elle mène actuellement avec l’Etat, Goodyear cherche à obtenir plus de garanties. Cela commencera d’abord par un soutien «plus franc » du  plan social. Ce soutien sera-t-il suffisant ? Pas tout à fait si l’on s’en tient à l’avis d’un ancien cadre supérieur de Goodyear, aujourd’hui propriétaire d’une entreprise importatrice de pneus. «Le problème de Goodyear est d’abord technique. L’outil de production est vieillot. Les meilleurs cadres ont été poussés à la porte lors du premier plan de départ volontaire en 2001». Quoi qu’il en soit, Goodyear Maroc  continuera à rouler, martèle Son  directeur commercial et marketing de Good. Des assurances à prendre comme un chèque blanc? C’est selon.

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