Grande mise sur le marché espagnol

Adil Douiri, ministre du Tourisme a fait spécialement le déplacement à Madrid à l’occasion de la tenue du 23ème édition de la Foire internationale de tourisme qui se poursuit jusqu’au 2 février, pour présenter les atouts de la destination Maroc auprès des Tours Opérators (TO) espagnols. Au moment où les relations entre les deux pays commencent à connaître un certain réchauffement après plusieurs mois de crise.
Ce salon touristique, un des plus importants à l’échelon international est une belle opportunité pour les professionnels des deux pays de consolider leurs relations d’affaires et définir les jalons de leur future collaboration. L’organisation de cette foire intervient dans un contexte marqué par l’incertitude quant à l’avenir du secteur touristique pour les prochaines années.
Selon le dernier rapport du Bureau International du Travail, « la reprise attendue en 2002 ne s’est simplement pas produite. Après une croissance de 4% ou plus pendant plusieurs années, la demande dans ce secteur a stagné l’an dernier, entraînant la perte continue d’emplois, sans qu’apparaisse le moindre signe d’un revirement en 2003 ». Ce rapport, intitulé « impact de la crise 2001-2002 sur l’industrie hôtelière et touristique », n’entrevoit pas de forte reprise cette année ou l’an prochain. En dépit de ces perspectives négatives, l’optimisme est toujours de mise chez le ministère du Tourisme. Du moins si l’on en juge par les déclarations de M. Douiri à Madrid.
Ce dernier s’est rendu dans la capitale ibérique pour rappeler l’importance stratégique du marché espagnol pour le développement du tourisme national. Stratégique, le marché ibérique l’est. Du moins, si l’on se fie aux chiffres officiels. Valeur aujourd’hui, l’Espagne est le deuxième marché émetteur pour le secteur touristique national. Selon ces chiffres, les touristes espagnols représentent 5,4% du volume global des arrivées dans les établissements hôteliers classés.
Si, elles témoignent de la bonne tenue du marché ibérique, les statistiques de l’ONMT (Office National Marocain du Tourisme), précisent que les arrivées touristiques ne se traduisent pas par une forte consommation de nuitées dans les établissements classés. Elles ne représentent que 3,7% des nuitées globales réalisées dans les hôtels classés. Selon ces chiffres, le marché espagnol n’occupe que le cinquième rang en matière d’hébergement dans les établissements classés. Toute une politique de promotion doit être mise place dans ce sens. L’objectif étant de mettre en avant les atouts de la structure d’accueil auprès des touristes espagnols. Si on prend en compte la répartition par catégorie d’hôtels classés montre une préférence très prononcée pour les catégories supérieures d’hébergement (68 %), ce qui confirme le recrutement de la clientèle espagnole dans les catégories socioprofessionnelles élevées.
Toujours côté chiffres, on apprend que Tanger arrive en tête liste des villes visitées par les Espagnols (13,48%). Viennent ensuite à Fès (6,44%), Errachidia (5,5%), Casablanca (4,96%), Marrakech (4,6%), Rabat (4,18%), Meknès (4,03%), Ouarzazate (3,84%), Tétouan (3,75%) et Agadir (0,6%). Les statistiques de l’ONMT renseignent aussi sur le mode de transport prisé par les touristes espagnols visitant le Maroc. Ainsi, entre 1997 et 2001, le trafic aérien a enregistré une évolution timide. Concernant le trafic maritime, il a reculé (25,42% en 2001 à 31,73% en 1997). S’agissant du trafic terrestre, il a enregistré une hausse durant la même période. Compte tenu de ces chiffres, le département du Tourisme se fixe des objectifs ambitieux pour promouvoir la destination Maroc auprès des touristes espagnols.
Concrètement, il s’agit de doubler le nombre des touristes espagnols ayant visité le Royaume, l’année dernière. Pour le ministre, c’est une ambition réaliste. Selon lui, il y va de l’intérêt de tous de tirer profit de la proximité géographique entre les deux pays. En d’autres termes, les opérateurs touristiques nationaux doivent miser sur la facilité d’accès du touriste espagnol au Maroc pour concocter de nouveaux produits et mettre en oeuvre des actions promotionnelles agressives. Une telle démarche ne peut réussir sans l’implication des TO espagnols dans la perspective d’engager un programme de collaboration plus important avec leurs confrères marocains. Ceci étant dit, les opérateurs touristiques nationaux ont une lourde responsabilité dans ce sens. Ils sont appelés à revoir leur offre par la diversification des produits.
Cette démarche ne peut donner ses fruits sans l’évaluation des besoins des touristes ibériques. D’ailleurs, la Foire qui se tient à Madrid constitue une opportunité pour faire le point sur cette question. A cet effet, des rencontres ont eu lieu entre les opérateurs espagnols et les professionnels marocains. L’objectif aussi est de redéfinir leur collaboration pour promouvoir la destination Maroc.

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