Grèce : Les créanciers accentuent la pression

Grèce : Les créanciers accentuent la pression

Les créanciers de la Grèce ont accentué les pressions, mercredi, sur Athènes pour que le pays intensifie les réformes et les privatisations, en échange d’un nouveau paquet d’aide en cours de discussion entre capitales européennes.
«Il est très probable qu’on débouche sur un nouveau programme de prêts» à la Grèce en plus des 110 milliards d’euros, a indiqué, mercredi, une source diplomatique européenne.
«Je ne pense pas qu’on puisse l’éviter», a-t-elle ajouté, le pays devant pouvoir passer le cap de 2012 et 2013 sans avoir à emprunter sur les marchés qui lui proposent des taux prohibitifs.
Dans ce contexte, le Premier ministre grec, Georges Papandréou, rencontrera ce vendredi à Luxembourg le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker.
Le montant du nouveau prêt envisagé, qui s’ajouterait aux 110 milliards alloués l’an dernier par l’Union européenne (UE), la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI), n’est pas encore fixé.
Les 60 à 70 milliards d’euros évoqués lundi par l’Italien Lorenzo Bini Smaghi, membre du directoire de la BCE, correspondent au montant que le pays devrait normalement emprunter sur les marchés ces deux années là. Une source européenne a aussi indiqué mercredi réfléchir à une «assistance technique» à la Grèce dans certains domaines, comme cela avait été le cas pour la collecte des données statistiques. En échange, pour éviter une restructuration de l’énorme dette du pays (plus de 350 milliards d’euros) qui créerait une «dépression économique et sociale majeure» en Grèce selon la BCE, Athènes doit «faire des efforts supplémentaires», notamment en matière de privatisations, a estimé mercredi le chef économiste de la BCE Jurgen Stark. Le commissaire européen Olli Rehn, à New York, a pour sa part évoqué des «décisions difficiles en juin», en référence aux discussions en cours entre la Grèce et les experts de la «Troïka» des créanciers chargés d’évaluer la situation économique et financière du pays. Sur le même sujet, à Bruxelles, la Commission a fait état de «bons progrès» dans les discussions de la Troïka en cours à Athènes, en précisant que les conclusions sont attendues «dans les prochains jours». Le gouvernement grec est engagé sur tous les fronts pour mettre les réformes en œuvre, sous l’œil sceptique des agences de notation. L’agence de notation Moody’s a dégradé, mercredi, la note de la dette d’Athènes à un niveau reflétant un risque réel de non-remboursement, et envisage de l’abaisser encore.
Pour l’instant en matière de privatisations, le seul élément concret a été l’activation, mercredi, par le gouvernement grec de l’option d’achat de Deutsche Telekom sur 10% du capital de l’opérateur de télécommunications OTE, ouvrant la voie à sa prise de contrôle totale par l’allemand.

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