Grève et sit-in à l’hôtel Eden Andalou Marrakech: Cinq millions de dirhams, le prix d’un bras de fer

Grève et sit-in à l’hôtel Eden Andalou Marrakech: Cinq millions de dirhams,  le prix d’un bras de fer

Cet établissement connaît un sit-in organisé par une partie de son personnel qui en «occupe» les lieux pour dénoncer la décision de suspension provisoire du délégué syndical pour «fautes graves». Que se passe-t-il au juste ?

«En date du 9 décembre nous avons entamé une procédure légale contre le délégué syndical, à qui nous avons reproché plusieurs fautes graves dans le cadre de l’exercice de ses obligations professionnelles», apprend-on auprès du propriétaire de l’hôtel, Abdelali Chaoui. Selon lui, le délégué est en arrêt en raison d’absentéisme répétitif et refus d’exercer ses fonctions au profit de sa mission syndicale au sein de l’établissement.  Face à cette décision qui a, signalons-le, été réfutée par la direction régionale de l’inspection du travail, l’Union marocaine du travail aurait mobilisé ses affiliés pour une grève et un sit-in.

«C’est une décision abusive qui a été prise sans concertation. La direction n’a tout simplement pas envie de tolérer une activité syndicale au sein de l’hôtel. Ces grévistes n’ont pas d’autres revendications que la reprise de fonction de leur délégué», indique dans une déclaration à ALM Faycal Aït Ali Slimane, secrétaire général de l’UMT Marrakech. Selon lui, la décision en question ne serait pas justifiée puisqu’elle a été clairement refusée au niveau de l’inspection du travail. Il y aurait même eu, à côté de cela,  «un accord signé» avec l’administration pour le maintien en poste du délégué syndical de l’Eden Andalou.  «Ce n’est qu’un accord.

C’est le tribunal qui juge. Et cela se fait sur la base du code de travail», tempère le propriétaire de l’établissement.
A ce jour, ils sont entre 50 et 70 employés (sur 120 titulaires, ndlr) à squatter les lieux en attendant l’ouverture de négociations au moment où A.

Chaoui estime inenvisageable tout dialogue sous pression. «C’est de la dictature syndicale, je ne négocie pas le couteau sous la gorge. Si je cède, tous les hôtels seront menacés. Le secteur et l’image du pays seront également menacés», s’indigne-t-il. Dans un communiqué, l’on apprend qu’un jugement en référé du 23 décembre du tribunal de 1ère instance de Marrakech a ordonné l’évacuation immédiate des locaux.  Un jour plus tard, un nouvel ordre d’exécution du jugement a été intimé par le premier procureur du Roi.

«Les forces publiques n’ont pas pu l’exécuter devant un refus arrogant des grévistes qui dorment dans les lieux et font leur toilette et les cinq prières sous les yeux des clients avec des «Allah Akbar». L’un de mes clients, qui sont pour leur  plupart anglais, a eu une crise d’hystérie. Vu le contexte, elle a lié cette image au terrorisme. Elle s’est sentie menacée et a immédiatement quitté le Maroc pour rentrer chez elle sans même être remboursée. Imaginez l’impact de cela sur le secteur», ajoute la même source.

Ceci dit, le retour au calme n’est, paraît-il, pas pour bientôt puisque d’un côté  l’UMT se dit prête à coopérer mais voudrait la garantie de reprise de fonction du personnel en grève pour que les négociations autour d’une table soient restreintes au cas du délégué, tandis que d’un autre côté, la décision est prise quant au licenciement de ce dernier.

«Le licenciement du délégué syndical a été entériné. Nous reprendrons les discussions avec le reste du personnel, qui regagneront dans leur majorité leurs postes, une fois ce sit-in levé. Toutefois, il y a eu de la casse, des agressions corporelles vis-à-vis du personnel non gréviste et des injures également. Cela constitue une faute grave selon l’article 39 du code du travail», conclut-on.

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