Grèves : Le ras-le-bol des allemands

À la question : quelles sont les raisons qui poussent les investisseurs étrangers à quitter le Maroc et les opérateurs marocains à fermer leurs usines, ces derniers mettent en avant la prépondérance des conflits sociaux. Il faut bien admettre que les grèves sauvages, que ce soit sous la forme d’arrêt de travail sans préavis ou d’occupations d’usines se sont multipliées ces dernières années. Amenant ainsi plusieurs industriels étrangers à plier bagages et orienter leurs investissements vers d’autres pays.
Selon les derniers chiffres dévoilés par la Chambre allemande de Commerce et d’industrie au Maroc, près de la moitié des entreprises allemandes de textile ont quitté le Maroc.
Ce qui s’est traduit par la perte de plusieurs milliers d’emplois. Pour les responsables de la Chambre allemande, cette situation se justifie par le manque de culture de dialogue social et l’absence même de volonté de dialogue entre les différents partenaires sociaux.
Ils soulignent que cette situation s’aggrave par le fait que les négociations sont conduites d’un côté par des représentants syndicaux, parfois mal formés et de l’autre côté par des gérants étrangers, souvent techniciens hautement qualifiés. Dans certains cas, ces derniers ne disposent pas du savoir-faire intellectuel nécessaire pour mener à bien ces conflits sociaux. Toutes les questions liées à l’impact des conflits sociaux sur le développement des investissements seront au centre d’un séminaire organisé aujourd’hui à Casablanca par la Chambre de Commerce allemande.
Au menu de cette rencontre, des témoignages des investisseurs nationaux et étrangers. On citera entre autres l’expérience de Wolfgang Glück, directeur général de Taza Maroc (groupe Le-Go), Diana Klein, directeur général de Norprotex appartenant au même groupe et Tom Howard, directeur général de Scim. La réglementation juridique des conflits sociaux au Maroc et le rôle de l’inspection du travail dans la gestion de ces conflits seront également au centre des travaux de ce séminaire.
Si aujourd’hui, la Chambre allemande remet sur le tapis la problématique des conflits sociaux comme un frein à l’investissement, c’est loin d’être le fruit d’un hasard. Cela témoigne de l’inquiétude qui règne dans la communauté industrielle allemande au Maroc mais chez d’autres opérateurs économiques étrangers.
Au moment où le gouvernement se félicite de son bilan en matière d’investissements, il n’a pas pu instaurer les conditions d’un dialogue serin entre les différents partenaires sociaux pour rassurer les investisseurs aussi bien nationaux qu’étrangers.

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