Hassan Sentissi El Idrissi: «Nous n’avons pas une offre exportable !»

Hassan Sentissi El Idrissi: «Nous n’avons pas une offre exportable !»

Entretien avec Hassan Sentissi El Idrissi, président de l’Association marocaine des exportateurs (ASMEX)

ALM : Quel bilan faites-vous à la tête de l’Asmex ?

Hassan Sentissi El Idrissi : Je crois que c’est un bilan positif, nous avons pu augmenter le nombre d’adhérents ainsi que celui de la cotisation. Et mon objectif c’est de voler par nos propres ailes avec la cotisation et ne pas continuer à subir la pression du paiement de toutes les dépenses. Et avec ce manque de souplesse dans nos fonds nous avons négligé beaucoup d’opérations à l’étranger.  Nous avons signé une trentaine de conventions avec les grandes entreprises marocaines. Aujourd’hui, nous sommes plus reconnus au niveau national qu’à l’échelon international.  Par ailleurs, un autre problème n’est pas encore résolu, c’est qu’on voudrait que toutes les entreprises qui travaillent pour l’exportation soient assimilées aux exportateurs.  C’est un dossier qui a été étudié à plusieurs reprises par l’administration, mais je crois que pour l’année 2017 nous devrons mettre le paquet.

Justement, est-ce que le Maroc profite des accords de libre-échange signés avec les autres pays ?

Malheureusement sur les 56 accords signés entre le Maroc et les autres pays, le Royaume ne profite pas. Peut-être que c’est la politique de promotion interne qui n’est pas adaptée, mais nous sommes obligés de  signer ces accords même si nous n’en profitons pas.

Maintenant que le Maroc est ouvert sur plusieurs marchés à l’instar des marchés russe et  chinois et prochainement celui de l’Inde, est-ce que l’Asmex s’active pour décrocher des offres ?

Vous savez, les visites de SM le Roi on ne peut que les applaudir. Et le Souverain va de l’avant avec ces visites en Russie et en Chine et prochainement en Inde. Mais nous avons demandé il y a longtemps une étude pour savoir ce que nous pouvons exporter. Nous n’avons pas une offre exportable! J’ai passé trois ans à la tête de l’Asmex et j’ai connu les affres de cette situation. Et puis nous n’avons plus aucun bateau pour transporter les exportations. On ne peut pas continuer à payer les bateaux des sociétés étrangères qui possèdent leurs flottes et nous on exporte à travers eux. Et on paye très cher les exportations. Nous avons une infrastructure extraordinaire qui est celle de Tanger Med, mais nous n’en profitons pas. Nous aussi nous voulons posséder notre propre flotte. Donc, il faut absolument une révision de cette situation et une révolution dans ce domaine.

Alors que le mandat de l’actuel patron de l’Asmex, Hassan Sentissi El Idrissi, est arrivé à échéance le 31 mai dernier, l’Association vient de reconduire, le même jour, le même président à la tête des exportateurs à l’occasion de l’assemblée générale ordinaire et élective de l’Association. Dans ce sens Hassan Sentissi El Idrissi a indiqué lors de son discours de cette cérémonie : «je ne voulais pas me présenter encore une fois à la tête de l’Asmex, mais j’ai rempilé suite à la demande de l’association. Je remercie tous les membres pour leur confiance et je me pencherai sur la promotion de l’exportation au Maroc, ainsi que sur l’amélioration de ce domaine sans oublier l’organisation des exportateurs».

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