Hausse démesurée du cours de la Centrale Laitière

Leader historique du marché laitier au Maroc, la Centrale Laitière a vu ses ventes croître de 3,8% en rythme annuel moyen sur la période 1999-2002. A fin décembre 2002, la filiale agroalimentaire du Groupe ONA revendique des parts de marché respectives de 60 % sur le lait et de 70 % sur les dérivés laitiers. L’analyse de l’évolution par catégorie de produits fait ressortir qu’en matière de lait, les réalisations commerciales ont connu un accroissement moyen de 1,8% depuis 1999, s’établissant à 297 617 tonnes en 2002. Les deux produits compris dans ce segment ont toutefois connu des évolutions contrastées; le lait pasteurisé affiche un Taux de Croissance Annuel Moyen -TCAM- de 2,4% à 260.001 tonnes à fin décembre 2002, profitant de la mise sur le marché d’une nouvelle formule enrichie en vitamines, tandis que le lait UHT, pénalisé par la baisse soutenue de la collecte laitière, présente une évolution de -2,4 % à 37 616 tonnes. Pour les dérivés laitiers, les destinés essentiellement au marché urbain, ce segment a vu ses ventes progresser de 9,1 % sur la période 1999-2002 pour s’établir à 67.469 tonnes. Cette performance est étroitement liée à la politique de diversification de produits menée par la société en parallèle d’une campagne de communication efficiente. Les deux produits appartenant à cette catégorie ont évolué en sens opposé au courant des quatre dernières années. Les ventes de lait fermenté présentent un TCAM de 14,4%, s’élevant à 40 194 tonnes en 2002 et ce grâce à l’introduction de nouveaux produits. A l’inverse, les ventes de beurre(6) ont accusé un repli de 5,3% sur la période, handicapées par le manque de lait à sécher. Au niveau boursier, les analystes de la BMCE Capital Bourse estiment que le titre en bourse connaît une hausse démesurée du cours en 2003. Après avoir culminé à plus de 6000 DH en 1998, le titre Centrale Laitière subit de plein fouet les années de crise en 1999 et en 2000, avant de se ressaisir en 2001 et emprunter un canal quasi-stationnaire pour se fixer à 2.470 DH au 31 décembre 2002. En 2003, le titre s’envole pour retrouver des niveaux comparables à ceux des années anté crise, affichant une performance annuelle de 112,1 %, surperformant de loin le MASI. Un bilan positif dans le sillage de l’amélioration de la collecte laitière et de la poursuite des efforts d’amélioration de la productivité. Ainsi, le chiffre d’affaires de la société s’est élevé, au 30 juin 2003, à 1 491 millions de DH, en progression de 6,5% par rapport au premier semestre 2002. Le segment Lait affiche une hausse de 2,0% de son niveau d’activité, traduisant l’amélioration des ventes de lait UHT suite à la relance de la marque SALIM. Dans la même lignée, les ventes de dérivés laitiers augmentent ainsi que le secteur agroalimentaire, dont les bénéfices annuels sont montés à 32,3 % et à 61,3 % respectivement. Sur un autre registre, bien que l’analyse des fondamentaux de la société conforte ses perspectives de développement, il apparaît, au regard de l’évolution récente de son cours en Bourse, que le marché a largement anticipé la croissance escomptée des résultats. Les conclusions de l’évaluation aboutissent à une surévaluation du titre comparativement à son cours théorique. « En conséquence, nous recommandons de sous-pondérer le titre Centrale laitière dans les portefeuilles et procédons à son retrait de la sélection des valeurs BMCE Capital Bourse», recommande la société de Bourse.

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