Hôtesse de l’air : Espoir et déception

Voyager, découvrir des pays exotiques, et même faire le tour du monde. Quoi de plus beau que de travailler à bord d’un avion de ligne? Un luxe, pensent plusieurs jeunes filles Marocaines qui ont choisi de devenir hôtesses de l’air. Celles-ci déchantent vite. Le métier tant adoré n’est pas de tout repos.
Nisrine en sait quelque chose. Cette marocaine de 25 ans a depuis toujours voulu être hôtesse de l’air. Au physique avantageux (1m70 pour 54 kg), elle en a rêvé depuis toute petite. Un métier synonyme avant de tout de liberté pour elle. Le bac en poche, c’est tout naturellement qu’elle se dirige vers une école privée qui assure la formation du personnel navigant commercial, en termes plus usuels, les hôtesses de l’air et les stewards. C’était en janvier 1998. Son dossier n’a été accepté qu’après plusieurs procédures : études de dossier, entretien… C’est dire combien cette formation est prisée de la part de nos jeunes. Au bout de neuf mois de formation, elle se voyait travaillant pour une compagnie aérienne du golfe, principale destination des hôtesse de l’air et steward marocains, lauréats de ces centres de formations. Les responsables de ces derniers nourrissent d’ailleurs cet espoir. « J’ai choisi cette école parce que son directeur m’a assurée que le taux de chômage des lauréats de son école était quasiment nul », assure Nesrine.
Au bout de neuf mois d’études qui lui ont coûté quelque 29.000 DH, la jeune fille, s’est retrouvé sans véritables acquis théoriques lui permettant de trouver une place dans un marché du travail très limité. « L’enseignement des techniques de sauvetage et des premiers soins a été complètement marginalisé », note-t-elle. Ces techniques sont d’autant plus importantes dans la formation du personnel navigant commercial que sa mission première est de porter secours à toute personne en difficulté à bord d’un avion. L’enseignement des langues fourni au sein de ces institutions laisse également à désirer. « Il ne faut pas croire qu’on nous aide à maîtriser plusieurs langues. En Allemand ou Italien par exemple, nous n’avons appris que les rudiments, les expressions d’usage uniquement », ajoute-t-elle.
Diplômée, Nesrine s’est lancée à la recherche d’un emploi. Une quête qui a duré plus de deux années durant lesquelles la jeune fille était obligée de se recycler en hôtesse d’accueil, histoire de gagner son pain quotidien. Métier qu’elle continue toujours à exercer.
Elle n’est d’ailleurs pas la seule dans cette situation. Hasnae, d’une année sa cadette et ayant le même diplôme a dû travailler comme réceptionniste dans plusieurs hôtels de la capitale avant de décrocher une place d’hôtesse au sein de Qatar Airways. Elle faisait partie d’un groupe d’une vingtaine de jeunes marocaines que la compagnie aérienne qatarie a recruté en 2001. Hasnae devait suivre un stage de quelques mois à Doha avant de pouvoir s’envoler à bord des avions de la compagnie. Au bout de deux mois, elle a repris l’avion, mais cette fois-ci à destination de Casablanca. Elle n’a pu supporter les différents harcèlements dont elle a été victime là-bas.
Mai 2002, elle renouvelle l’expérience avec Emirates Airways, avec laquelle elle travaille actuellement sur des vols reliant essentiellement les pays du Golfe à l’Asie du sud-est. Elle n’a pas depuis visité le Maroc en raison d’un planning de vols des plus serré. Nesrine n’a toujours pas mis les pieds dans un avion. Hasnae ne pense plus qu’à rentrer au Maroc, et ce, malgré l’attrait matériel de sa position.

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