Huile d’argane : une demande croissante

Huile d’argane : une demande croissante

Produit exotique, essentiellement marocain, l’huile d’Argane est aussi une véritable industrie au Maroc. Selon « Alimentarius, le bulletin d’information de la Fédération Nationale de l’Agro-alimentaire (Fenagri), la production du pays, 4 000 tonnes d’huile d’Argane par an, peut être triplée. L’Arganeraie compte vingt millions d’arbres répartis sur un peu plus de 100 000 hectares. Depuis les années 80, les prix ont flambé, le litre d’arganier qui valait 25 dirhams se négocie aujourd’hui aux alentours de 250 dirhams. Pourtant cette appréciation ne s’accompagne pas, sur le terrain, d’une extention des superficies consacrées à l’arganier. Celles-ci sont en nette réduction. Depuis un siècle, sous la pression croissante des activités humaines, l’arganier ne cesse de reculer. Face à une demande qui ne cesse de croître, l’offre ne suit pas. Le Dr Zoubida Charrouf, cité par le bulletin de la Fenagri, estime qu’il est possible de planter 200 arbres par hectare. La modernisation de la filière se limite pour le moment aux circuits de la commercialisation, qui ont su avec le temps, évoluer et même s’accommoder avec l’Internet. Pour sa part, la Fenagri fait savoir que des efforts ont été consentis pour réhabiliter ce patrimoine, notamment dans la recherche de nouvelles solutions permettant de développer de nouvelles souches. Dans ce cadre, la Commission européenne vient en aide à l’arganeraie marocaine. Une convention de financement d’un projet d’arganier d’une valeur de 60 millions de dirhams a été récemment signée entre Fatallah Oualalou, ministre de l’Economie, des Finances et de la Privatisation et M. Chris Patten, Commissaire européen en charge des Relations extérieures. Ce projet bénéficiera directement à 450 femmes. Il vise également l’organisation et la structuration d’un système de coopératives de femmes pour la production d’une huile de qualité ainsi qu’un appui à la mise en place d’une réglementation protégeant le produit. En addition, le gouvernement va injecter 42 millions de dirhams et la population bénéficiaire, 14 millions de dirhams. Le but, c’est de réorganiser la filière par le biais des associations et des coopératives qui seront divisées en trois types dont le premier, regroupe celles qui sont spécialisées dans le ramassage et le concassage des noix. Dans un deuxième temps, il sera procédé à la mise en place des unités d’extraction d’huile d’argane par des méthodes modernes..”. Ce saut technologique, outre qu’il améliore les conditions de travail, vise aussi l’amélioration de la qualité. Enfin, il y aura la création d’un groupement chargé de la promotion et l’exportation de l’huile. Cela réduira naturellement l’incidence des intermédiaires, nombreux entre le producteur et le consommateur final. L’agence de développement social (ADS) se chargera du pilotage du projet, problème qui l’opposait à un autre organisme, l’Odeco (l’Office de développement des coopératives). Parmi les régions où l’on retrouve l’huile d’Argane, il y a Agadir, Oujda et aussi Berkane. Plus de 300 hectares (environ 1 000 arbres) sont développés dans cette région. Aujourd’hui, l’heure est à la prospection. Le potentiel de plantation est impressionnant. Les arganiers peuplent généralement les forêts domaniales. L’arganier est un arbre qui pousse uniquement dans la région sud du Maroc.  »Alimentarius » souligne que cette espèce pourrait devenir dans quelques années une véritable arme écologique et une source de revenus importante. En 1998, selon l’Unesco, l’arganier a été classé patrimoine culturel international de l’humanité.

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