Humeur : Le Phi Long, sentinelle gourmande de la cuisine asiatique

Vu que la gastronomie marocaine à Agadir est devenue inaccessible au grand nombre et que les restaurants européens sont intraitables sur le chapitre de l’addition, le filon asiatique prend de la cote. A l’improviste.
A Agadir où dernièrement beaucoup de promoteurs s’étaient reconvertis dans cette filière de la gastronomie asiatique, y espérant sans doute rencontrer l’éldorado, on devrait peut-être vulgariser ce dicton chinois qui dit que «Près de la montagne, on mange la montagne; près de la mer, on mange la mer». Prétendre fédérer, sous une seule bannière, la gastronomie chinoise, la vietnamienne, l’indienne, la thaïlandaise, la Japonaise, la Coréenne et la Laotienne, n’est peut-être pas chose impossible. Mais c’est une entreprise qui requiert de la doigté et des moyens. Car l’Asie est non seulement un continent immense, mais c’est surtout une contrée où chaque pays possède plusieurs gastronomies.
Le «Phi Long» marche sur sa vingtième année, sans tambour ni trompettes. Bien des enseignes, arrivées au bout de quelques années, tombent dans la préciosité et, suivant la formule consacrée, «se repositionnent dans la qualité» en faisant passer leurs tarifs du simple au double et en chargeant le décor pour faire intellectuel.
Mais ce petit dragon asiatique dédié aux spécialités du continent du même nom a évité avec délices, jusque-là s’entend, de tomber dans ce vieux piège en gardant des nems toujours succulents et abordables et en garantissant depuis 1984 des spécialités cantonaises à un coût et à un goût sur lesquels on trouve peu à redire.
Bref, ce petit restaurant asiatique tente de garder une certaine indépendance d’esprit, bien que son slogan préféré, à savoir, «Réconcilier les saveurs d’Orient et d’Occident», prête à confusion. Compte tenu du fait que la gastronomie marocaine dans la capitale du Souss est devenue inaccessible au grand nombre et que les restaurants européens sont intraitables sur le chapitre de l’addition, nous avons franchi la passe du «Phi Long» sans trop hésiter. Voici nos impressions : Accueil un peu froid mais correct. Pas de gestes empressés de la part du personnel, droit et qui, bien qu’étant Marocain, arrive à adopter cette posture détachée à laquelle on reconnaît le service asiatique. Couleurs et lumières dominantes sur le thème du rouge, alors que dans le mobilier, on reconnaît sans peine l’empreinte artisanale thaïlandaise. Pas de sonos brillantes. Le promoteur a mis en place un service à «emporter» dont nous n’avons eu aucun écho, étant de passage, mais qui, normalement, doit être pratique. Vu l’affluence, on gagerait plutôt que la clientèle a choisi d’être chouchoutée sur place par un service de proximité qui, nous l’avons dit plutôt, sait se tenir à distance.
Bref, le «Phi Long » est sobre avec une carte raisonnable et pas prétentieuse. Explication sans doute de la présence d’une clientèle à tendance familiale. Rien à dire sur la carte assez complète. Dommage que l’on ait aucune idée des recettes ni du nombre d’épices qui contribuent à donner des goûts aussi excellents.

• M. Pêcheur

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