Humeur : Propos désabusés

Si l’on me sommait de dire pourquoi je suis ici encore ce week end, je répondrais que Marrakech reste dans mon inconscient la destination improbable ! Mon village ! mon jardin secret…
Pourtant la Ville Ocre existe, ou du moins désormais ses longs boulevards peuplés d’hôtels et de restaurants à “thème” . La mode n’est plus aux  restaurants tout court vous l’aurez remarqué , il faut qu’il soit à thème, on y mange rasséréné ! Les “Biens Braves“ qui continuent à servir version restauration classique n’ont rien compris … On en reparlera lorsque le soufflé sera descendu  !
Des galeries marchandes qui continuent à débiter les mêmes poteries, les mêmes cartes-postales, les mêmes copies de tableaux qui se veulent orientalistes 
Et… Une exposition de clichés anciens dernièrement et voilà notre “Marrakech”  qui  revient en mémoire… Je dirais qui nous saute à la figure, il nous reste  alors une impression amère en bouche d’être arrivée 40 ans trop tard… L’implantation des franchises remplace désormais la construction d’immeubles de caractère, c’est le règne du marteau-piqueur et des marques internationales, des enseignes agressives , des publicités envahissantes lumineuses et nocturnes… Désagréable impression de  “déjà vu” Marrakech est en cours de banalisation, d’aseptisation navrante…
Cette succession de boutiques et de restaurants, ce confort ? BoboZen, cette opulence souvent déplacée donnent l’impression de se trouver partout à la fois (Deauville, Munich, Amsterdam, New York …) et plus vraiment au bon endroit !!!
Comme je ne résiste pas toujours à la tentation de me faire du mal, je me suis baladé dernièrement dans ce petit train “miniature” qui traverse de temps en temps notre bonne ville – bercé par une musique stridente diffusée par le moyen de transport en question…Essayez le voyage… Vous verrez que mon billet d’humeur est en deçà de la déprimante vérité…
Heureusement, il nous  reste encore quelques îlots de quiétude , quelques petits cafés planqués au pied de vieux immeubles dans un village nommé “Gueliz” où le temps s’écoule “hab chouia“, où les vieux Marrakchis , les pièces rapportées dont je fais partie, regardent Marrakech évoluer avec décontraction et philosophie…
Les mêmes qui  semblent nous dire “laissez-nous donc tranquille au fond de nos derbs, laissez-nous donc rêver encore un peu…”!

• Pandore

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