Il ne faut pas confondre accueil et animation

Il ne faut pas confondre accueil et animation

La clientèle d’aujourd’hui n’excuse plus les fausses notes et n’accepte plus l’imperfection. Nous sommes donc tenus, en notre qualité de formateurs et de responsables des établissements de formation, d’aller vers les professionnels, qui sont les plus concernés par la qualité des prestations et par les compétences des proposés de ces services, afin de nous dire exactement ce qu’ils attendent de nous.
Comment souhaitent-ils que les futurs techniciens et employés qualifiés soient formés ? A quelles compétences et quels profils s’attendent-ils ? Et dans quelles filières devons-vous former ?, etc.
Jusqu’ici, des référentiels de formation pour des filières classiques ont été fixés. Ceux-ci sont appliqués dans différents établissements de formation hôtelière et touristique. Mais encore faut-il s’interroger sur le degré de leur conformité et de leur adéquation à l’emploi et aux besoins de l’entreprise d’accueil.
Pour être validés, ces référentiels doivent obligatoirement être certifiés par les professionnels qui vont les confronter à la réalité, les comparer et les expérimenter sur la terrain. C’est uniquement par ce procédé que les employeurs peuvent nous faire confiance et accepter sans critique aucune nos produits.
Pour certains de ces référentiels, ce volet a été plus au moins fait avec beaucoup de timidité et de froideur de la part des hôteliers restaurateurs et agents du tourisme, et qui, parfois aussi, manifestent une grande indifférence.
Heureusement, aujourd’hui nous rencontrons des professionnels qui émettent leurs critiques, leurs points de vue et qui s’intéressent en partie à la formation. Ces décideurs de la profession s’accrochent surtout au côté pratique de la chose plus qu’à son côté théorique, car pour eux un employé et un technicien doivent, dès leur sortie d’un institut, être opérationnels. L’hôtelier n’a pas beaucoup de temps à perdre, surtout pendant une période de haute saison.
Evidement, le problème que l’on rencontre actuellement est celui de l’animation, car pour les autres branches, le chemin a été, traditionnellement, tant bien que mal tracé, et on cherche sans cesse une amélioration selon le courant international et selon les aspirations changeantes de la clientèle cible.
L’animation inquiète beaucoup plus les acteurs (administrations, professionnels, employés, etc.) Les ingrédients de la recette animation restent toujours difficiles à réunir. Les avis sont très divergents à cet égard. Qui peut être animateur ? Comment le former ? que serait sa fonction exacte en tant qu’animateur, etc ? C’est certes une problématique ! Car il s’agit là de techniques basées d’abord sur les valeurs humaines, sur les aspects culturels. Cette valeur ajoutée au tourisme et qui devient l’un des éléments de base de sa réussite mérite d’être prisée au sérieux, afin de former des cadres adéquats, valables, capables de créer une atmosphère de gaieté, de divertissement et, en somme, une animation sous tous ces aspects au sein d’une entreprise de prestations hôtelières et touristiques.
Eu égard de cela, il y a lieu de définir ce qui suit :
1) L’animateur, 2) Ses compétences, 3) Sa fonction, 4) L’espace de son intervention,
1) Définition de l’animateur
Contrairement à ce que la plupart des gens pense, l’animateur est avant tout un cadre, un technicien supérieur, qui s’occupe de la gestion de différentes actions de l’animation dans une entreprise, un établissement pendant des moments bien précis dans la journée, ou à l’occasion des manifestations officielles, etc. Pour l’hôtellerie et le tourisme, l’animateur est aussi un cadre qui organise et provoque des actions d’animation de divertissement au sein d’un hôtel, d’un restaurant sur un site, etc. L’animateur n’est alors pas un Clown, un charlatan, un homme qui se transforme en ridicule pour faire rire, mais c’est quelqu’un qui fait un travail sérieux cohérents ordonné et planifié.
2) Les compétences d’un animateur
Il doit être un homme pleinement cultivé maîtrisant plusieurs langues (plurilingue) étrangères, connaissant l’histoire de son pays et son folklore. Il doit aussi faire preuve d’une grande personnalité et d’une discipline irréprochable (respect de l’éthique et du civisme). Il doit savoir marier les couleurs folkloriques.
3) La fonction d’un animateur
Etant un cadre spécialisé, il doit organiser les actions d’animation dans l’entreprise où il travaille. Sa principale fonction est de coordonner ces différentes actions qui réunissent les troupes folkloriques, les acrobates, les jeux divers (natation, Tennis, etc.) la danse, les compétitions et les manifestations diverses. L’animateur est donc celui qui planifie, pendant le séjour d’un touriste, tout ce qui est en rapport avec le divertissement à l’intérieur comme à l’extérieur. Les autres acteurs de l’animation sont sous ses ordres tel que (l’orchestre, le folklore, le maître nageur, le moniteur de sport, le chargé d’excursions, le maître de la danse etc ….). Ce n’est dons pas un Clown ou un magicien, mais il est le chef d’orchestre de ces derniers.
4) L’espace de son intervention
L’animateur a évidemment des limites d’intervention. Puisqu’il est responsable de tout ce qui est divertissement et dépaysement, le champ de son intervention couvre tous les lieux réservés à cet effet, salle de jeux, salle de tennis, les espaces réservés au sport, le cinéma, le théâtre, etc. Il peut, en cas d’un repas spectacle, intervenir dans les salles de restaurant, les bars, etc. Comment former un animateur? Pour former ce cadre supérieur, ce chef d’orchestre, il y a lieu, à notre sens, de tenir compte de ce qui suit:
A) Tout d’abord il est nécessaire de déterminer les besoins du secteur avec la participation des professionnels, en se posant certaines questions 1) Qui former ?, 2) Comment le former ?, 3) Pourquoi le former ?
B) Cependant il y a lieu de définir le public cible. Qui former ? quel niveau requis le candidat doit-il avoir pour ce profil? Il est souhaitable de recruter à un niveau supérieur (des licenciés, des DTS, etc.) car se sont des gens qui auront comme tache de présenter une culture nationale, une civilisation locale et donc des ambassadeurs chevronnés qui devront être à la hauteur de cette fonction noble. Ces Techniciens doivent être aussi honnêtes et probes pour ne pas falsifier les réalités culturelles du pays, avec un grand civisme pour ne pas dénigrer l’image de leur région ; sociologues pour mieux comprendre leur clients ; et enfin maîtrisant les relations publiques pour éviter les fausses notes aux hôtes.
C) Ensuite le candidat au poste d’animateur en chef doit subir une formation théorique et pratique modulaire, dans les domaines suivants :
C1)Une formation théorique aux techniques essentielles de l’animation et de la dynamique du groupe, de l’histoire de l’art, de la géographie touristique, du théâtre, etc. Technique d’animation et d’organisation des troupes folkloriques, dans un institut pendant trois mois.
C2) Une formation pratique pour la mise en application des acquis théoriques doit lui être donnée dans différents établissements d’accueil (hôtel, restaurant, Œuvres sociales) et dans les Institus de l’enseignement de l’art du théâtre, de l’animation sportive, du cinéma, de la jeunesse et des sports etc . également pendant une durée de 3 à 4 mois
C3) Il est question aussi d’une formation en entreprise sous la conduite d’un maître de stage et d’un professeur. Cela consistera en la confrontation des acquis précédents à la réalité professionnelle et à l’organisation des diverses actions, d’animation dans les hôtels, les clubs, etc. Tout en réunissant les acteurs de cette activité (folklore, chanteurs, magiciens, moniteurs divers, etc.). En lui donnera la liberté de créer, d’organiser et de gérer des séances d’animation pendant une durée de trois à quatre mois, sans toutefois l’amener à se transformer en clown, mais il doit jouer le rôle d’un organisateur.
C4) Une fois la formation, qui va durer entre 9 à 12 mois, arrive à son terme, le candidat sera alors soumis à une évaluation sommative qui englobera en plus des actions pratiques, la présentation d’un mémoire de fin de formation, relatant des cas concrets inhérents à sa future activité.
C5) La période de formation sera alors sanctionnée par l’attribution d’un certificat de stage couronné par un agrément en qualité d’animateur.
Voilà donc quelques idées, quant la formation des agents de l’animation. Dans cette formation, il y a lieu de tenir compte aussi des moeurs et du respect des coutumes des pays. Un animateur ne doit jamais présenter l’aspect négatif, ni s’exhiber pour faire rire, mais il doit animer tout en gardant sa personnalité et son amour propre.

• Salah Chakor,
Ecrivain, expert et consultant en tourisme et hôtellerie

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