Immobilier : «Addoha a les moyens de ses ambitions»

Immobilier : «Addoha a les moyens de ses ambitions»

ALM : Le Groupe Addoha vient de se lancer dans un nouveau projet d’une grande envergure. Qu’en est-il au juste ?
Noreddine El Ayoubi : Ce sont deux projets totalisant un investissement de 11,07 milliards de dirhams, à Rabat. Le premier projet concerne la réalisation d’un programme touristique et immobilier sur un terrain d’une superficie de 53 ha. C’est le terrain de l’actuel zoo que nous avons acheté à 420 millions de dirhams, soit 820 DH/m2. Dans ce terrain, il y a une ligne de haute tension qu’il faut enterrer, ce qui ramène le prix du m2 à plus de 1000 DH.
En plus d’appartements et de villas haut standing, nous allons y construire un pôle d’animation et de loisirs, un complexe cinématographique, une galerie commerciale, un complexe hôtelier, un centre d’affaires… Et ce parce que nous ne voulons pas construire des cités dortoirs! Le coût de cet investissement est de 4,65 milliards de dirhams.

Quel est le sort réservé au zoo ?
Effectivement, avec les 420 millions de dirhams, prix du terrain, l’Etat nous a engagé à réaliser un nouveau parc zoologique de 50 ha, suivant les standards internationaux les plus élevés. D’ailleurs, nous sommes d’ores et déjà en contact avec des experts mondiaux en la matière pour ce projet qui sera situé à près d’un kilomètre de l’actuel zoo.

Qu’en est-il du second projet ?
Le coût de ce projet situé à Rabat est évalué à 6 milliards de dirhams. Il s’agit de la réalisation d’un pôle touristique à la Plage des Nations sur une assiette foncière de plus de 450 ha. Ce terrain, nous l’avons acquis à 50 DH/m2, soit 225 millions de dirhams. Ce projet comprend une zone résidentielle, des hôtels, un parcours de golf de 18 trous, des équipements de loisirs ainsi qu’une zone commerciale.

Connu plutôt dans l’immobilier, comment comptez-vous vous de lancer dans le tourisme ?
Vous savez, le tourisme et l’immobilier sont deux domaines qui sont étroitement liés. Anas Sefrioui a déjà réalisé la « Marina Blanca » à Dar Bouaâza à Casablanca, ce qui prouve qu’il n’y a pas de frontières entre les deux secteurs et que le groupe dispose pleinement des qualifications requises pour la réalisation des projets de Rabat. Sur le plan économique, les  deux projets à Rabat créeront 15.000 emplois directs durant toute la période de réalisation qui s’étalera sur 5 ans. Et il est admis que pour chaque emploi direct dans ce secteur, un autre emploi indirect sera créé.

Les 11 milliards de dirhams investis dans ces deux projets proviennent-ils seulement du Groupe Addoha ?
Cela prouve que le groupe a les moyens financiers pour faire face à ce type d’investissement ! La Groupe Addoha est présent à 100% dans ce projet de grande envergure qui intègre parfaitement la vision des pouvoirs publics pour donner à la capitale du Royaume une dimension de ville touristique. Nous solliciterons d’abord la trésorerie de notre groupe. Nous travaillons aujourd’hui autour d’un business-plan établi sur la base de projections de spécialistes, notamment d’architectes…

Y’a eu beaucoup de spéculations autour de nouveaux entrants dans le capital d’Addoha ? Qu’en est-il exactement ?
Il y a eu effectivement, beaucoup de rumeurs infondées sur l’arrivée de nouveaux investisseurs dans notre capital.  Je peux vous dire, à valeur d’aujourd’hui, qu’il n’en est pas question. Nous n’avons pas de problèmes financiers, bien au contraire.  Donc, l’entrée de nouveaux actionnaires dans notre capital est inopportune. Par contre, nous sommes ouverts pour tout partenariat en vue d’une synergie dans des métiers annexes comme la commercialisation de l’immobilier.  En ce moment, nous sommes en discussions avec plusieurs groupes étrangers.

Quelle est la “géographie“ actuelle du capital d’Addoha ?
Le capital est détenu à hauteur de 65% par Anas Sefrioui, P-dg du groupe. Les 35 % restants ont été cédés lors de l’introduction en Bourse d’Addoha en juillet dernier. Et sur les 65 % du capital, aucune action n’a été encore vendue.

Une possible cession d’une partie de ces parts en 2007 ?
Je le répète. Il n’en est pas question pour le moment. Notre stratégie est fondée plutôt sur la recherche de partenaires d’envergure qui puissent être complémentaires au groupe Addoha et susceptibles de nous faire bénéficier d’une valeur ajoutée.

Après l’entrée en Bourse, y a-t-il eu de nouveaux arrivants dans le Conseil d’administration ?
Pour le moment, non. Mais à l’avenir, nous souhaitons accueillir des institutionnels. Actuellement, les 35% cédés en Bourse constituent le flottant. Nous n’avons pas de relations avec les institutionnels détenteurs d’actions Addoha.

Ne craint-on pas de voir Addoha délaisser le logement économique pour celui de luxe ?
Jamais ! D’ailleurs, le groupe Addoha s’est fait à travers le logement économique qui représente 95% de nos activités. Bien sûr en terme de pourcentage, cela va baisser d’année en année. Mais en terme de production, les réalisations et les projets de la société ont dépassé le seuil symbolique des 100.000 logements. Et dès l’année prochaine, on table sur 15.000 logements par an.
En plus de Casablanca, le groupe déploie depuis quelques années sa politique de développement à travers les principales villes du Royaume, à savoir Tanger, Marrakech, Agadir, Fès, Salé et Tamesna.

En termes de rentabilité, quel sera le poids du logement économique, sachant que vous êtes le premier opérateur privé dans ce créneau ?
Vous savez, 60 % des Marocains ont moins de 30 ans. Aujourd’hui, le déficit  est estimé à un million de logements économiques. Et pour chaque année, le besoin est évalué à 125.000 unités. Actuellement, nous sommes à peine à 80.000 logements annuels dont 40.000 de l’auto construction. Il faut dire aussi que le secteur connaît une forte croissance grâce notamment aux efforts déployés par l’Etat en mettant en place le Fogarim (Fonds de garantie pour les revenus irréguliers et modestes).

Jouissant d’un succès en Bourse, pourquoi l’action Addoha a été suspendue cette semaine après l’annonce de ce projet ?
L’action Addoha est toujours en augmentation parce que nous achetons régulièrement de nouveaux terrains un peu partout au Maroc. Vous savez, toute introduction en Bourse exige aux entreprises une communication assidue. La signature des deux mémorandums a eu lieu devant SM le Roi Mohammed VI, le samedi 11 novembre, qui est un jour férié. Il fallait donc adresser un communiqué au Conseil déontologique des valeurs mobilières (CDVM) à propos de ce sujet. Le lundi 13 novembre, à 13h5 mn, le CDVM a décidé de suspendre l’action de la cotation puisque le communiqué n’était toujours pas diffusé dans la presse.

Vous venez d’acquérir 480 ha dans plusieurs villes notamment à Casablanca. Est-ce que cette superficie comprend l’ancien aéroport d’Anfa ?
Non ! Il est vrai que nous venons d’acheter 480 ha situés dans la métropole mais également dans d’autres villes du pays. Et comme tout acquisition, nous tenons à avoir des terrains bien situés et qui seront rentables.

Vu ce niveau d’acquisition important et le succès de l’action en Bourse, est-on en droit d’attendre des résultats exceptionnels à la fin de l’année ?
Comme déjà mentionné dans notre business plan, on tablait sur un résultat net de 450 millions de dirhams en 2006.  Avec les résultats du premier semestre 2006, ces perspectives sont revues à la hausse. Nous tablons désormais sur 510 millions de dirhams. Comme précisé précédemment, nous sommes en train d’actualiser toutes nos prévisions sur la période 2007-2012.

Y a-t-il une stratégie de diversification prévue par le management du groupe ?
D’abord une certitude. La totalité des investissements immobiliers seront réalisés à travers Addoha. Le P-dg, Anas Sefrioui, a été clair sur la question en prenant un engagement clair à cet effet lors de l’introduction en Bourse. 

• Propos recueillis par Atika Haimoud et Adam Wade

Addoha : les dates-phares :

• 1995 : Démarrage de l’activité de la société et réalisation du 1er programme d’envergure sous la dénomination « Addoha» portant sur la réalisation de 2371 logements.
 • Août 2000 : Signature de la 1ère convention avec l’Etat dans le cadre de l’article 19 de la loi de Finances 1999-2000.
• Décembre 2002 : Achat du siège situé à Casablanca, Km 7 route de Rabat (Ain Sebaa).
• Novembre 2003 : Mise en place du Guichet Unique regroupant au siège du Groupe les banques, les notaires ainsi que les services de l’Enregistrement, de la Conservation foncière, de la légalisation de signatures et de la Lydec ;
 • 2003 – 2004 : Signature des conventions de partenariat avec la Banque Populaire, le CIH et la BMCE Bank au titre du financement des acquéreurs.
 • Décembre 2004 : Remboursement par la société de l’intégralité de l’endettement bancaire ; 
•  Septembre2005 : Signature de la convention de partenariat avec la CDG ; 
• Décembre 2005 : Signature d’une convention avec le ministère délégué chargé de l’Habitat et de l’Urbanisme pour la réalisation, le financement et la commercialisation de 50 000 logements dans les villes de Casablanca, Tanger, Salé, Marrakech, et Agadir.
• Janvier 2006 : Signature d’une convention de partenariat avec Wafa Immobilier du Groupe Attijariwafa bank au titre du financement des acquéreurs ; 
• Février 2006 : Obtention des premières autorisations de construire en dehors de Casablanca.
• Juin 2006 : Introduction en Bourse de Douja Promotion Groupe Addoha à travers la cession de 35% du capital au prix de 585 dirhams par action;
• 6 juillet 2006 : Première cotation du titre Douja Promotion Groupe Addoha à la Bourse des valeurs de Casablanca.
• Vendredi 10 novembre  : l’action Addoha était à 2.014 Dh.

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