Immobilier : le Maroc enregistre un déficit d’un million de logements

Immobilier : le Maroc enregistre un déficit d’un million de logements

Le Club Entreprendre a organisé, mardi 19 janvier à Casablanca, un petit-déjeuner débat autour de l’immobilier au Maroc. Dans ce sens, des intervenants au cœur du sujet ont débattu des avancées et des lacunes que connaît le secteur. À la tribune des conférenciers faisaient honneur Mounia Lahlou, directrice de la promotion immobilière au ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme, Noureddine Charkani, président de Wafa Immobilier et Jaouad Ziyat, directeur général du Groupe Addoha. Farid Benyakhlef, fondateur du Club Entreprendre, a assuré l’animation en ouvrant le débat par un tour de table au sujet des avancées réalisées dans le logement social. «Le ministère a entrepris des incitations très courageuses pour sauver et réhabiliter le logement social. Ainsi, dans le cadre de la nouvelle loi de Finances, plusieurs initiatives de l’Etat ont été enregistrées, notamment une visibilité complète sur les différentes réalisations s’étalant sur la période 2010-2020. Mais également, une aide directe à l’acquéreur par une restitution au promoteur du montant de la TVA par l’Etat, et ce à travers un notaire», a expliqué Mme Lahlou. Pour M. Ziyat, «le Maroc connaît toujours un déficit de 1 million de logements contre une production de 120.000 logements qui est loin de combler le déficit». Aussi a-t-il souligné que «les promoteurs travaillent en étroite collaboration avec l’Etat pour combler la demande grandissante sans pour autant faire des marges de 100% comme rapporté par une certaine étude». Aussi, Mme Lahlou a repris la parole pour expliquer que «les chiffres publiés par le bureau d’étude McKinsey et rapportés par certains supports médiatiques ne sont probablement qu’une hypothèse de travail et que  ni le ministère, ni les promoteurs n’ont jamais validé cette étude puisqu’elle est toujours en cours de réalisation». M. Charkani a repris la parole pour révéler les derniers chiffres en date en matière d’encours bancaire. Ce dernier s’est, selon M. Charkani, fixé, à fin novembre 2009, à 62,5 millions de dirhams enregistrant une évolution de 38%. Quant aux crédits immobiliers accordés, ils auraient connu, selon la même source, une évolution de 19% soit un montant de 28 milliards de dirhams. «Ces chiffres trahissent de loin l’idée qui veut que les banques ont fermé les robinets et n’accordent plus de crédits», a conclu M. Charkani. Soutenu dans cette idée par M. Ziyat qui souligne : «je pense que cette idée découle du stress de liquidité que connaît le pays. De ce fait, les banquiers sont devenus très regardants par rapport aux conditions d’octroi de crédit. Pour ce qui est du Groupe Addoha, quand le projet est bien ficelé, il n’y a jamais de refus d’accompagnement par les banques». «Cependant, pour les 60% de logements qui se déclinent en autofinancement, les banques devraient trouver des mesures de soutien à ce genre d’initiatives et c’est vers cette catégorie qu’il faut axé le travail des banques», a rétorqué Mme Lahlou. Aussi, suite à une question de l’assistance M. Ziyat a précisé que «le secteur est miné par le noir mais qu’aujourd’hui on peut toujours se procurer un logement auprès du Groupe Addoha ou encore d’autres promoteurs qui n’adhèrent pas à ce procédé». «Par ailleurs, le ministère devrait s’engager dans une logique de segmentation du foncier. En effet, il n’y a aucune adéquation entre l’offre et la demande, les efforts devraient se focaliser sur les régions en besoin surtout économique. C’est ce que j’appelle «le foncier utile». Le surplus de production enregistré dans des villes telles que Marrakech et Kénitra et bientôt à Fès, devrait s’orienter vers Casablanca et Rabat en attendant une absorption du surplus», a souligné M. Charkani.

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