Immobilier : UE : deux ans d’élargissement économique

L’apport à l’UE de cette Europe émergente, aux taux de croissance dignes des "Tigres" asiatiques, n’a pas eu les effets négatifs annoncés par les Cassandre, mais aide au contraire l’Europe à relever son vrai défi, la mondialisation, estiment des responsables européens et des économistes. "L’élargissement a été un grand succès, non seulement pour les nouveaux Etats membres, mais aussi pour les anciens", affirme le président de la Commission européenne, José Manuel Durao Barroso. Evoquant un processus lancé après la chute du Mur de Berlin, Katinka Barysch, économiste en chef du Centre for European Reform, relève que les "pays d’Europe centrale et orientale ont énormément bénéficié depuis le début des années 90 de l’intégration de leurs économies avec celles, plus vastes et plus prospères, d’Europe occidentale". Déjà forte avant 2004, leur croissance s’est encore accélérée depuis. Au 4ème trimestre 2005, alors que le PIB de la zone Euro progressait sur un an de 1,4%, les nouveaux pays affichaient des chiffres de croissance de 11,1% en Estonie, 10,5% en Lettonie, 6,9% en Tchéquie ou encore de 7,6% en Slovaquie, selon l’institut Eurostat.
Cette croissance spectaculaire entraîne un rattrapage rapide de pays appauvris par des décennies de communisme. En Slovaquie, en deux ans, le salaire mensuel brut moyen, certes encore modeste à 540 euros, a progressé de 25% (et même 37% en euros du fait de l’appréciation de la couronne slovaque). Les pays baltes, dont le PIB par tête il y a dix ans était d’un tiers de la moyenne de l’UE, sont aujourd’hui à la moitié. L’Estonie devrait atteindre l’an prochain 62,1%, selon les prévisions d’Eurostat. "Pour les «vieux» Etats membres, l’impact économique de l’élargissement a aussi été positif, bien que beaucoup plus modeste", ces pays ne pesant ensemble que 5% du PNB de l’UE à 15, explique Katinka Barysch dans une étude publiée vendredi. Mais les entreprises de l’Ouest, qui ont investi plus de 150 milliards d’euros à l’Est depuis le début des années 90, y ont trouvé un moyen "de rester compétitives face à la concurrence globale", écrit-elle. "L’élargissement a permis l’émergence d’une nouvelle division du travail paneuropéenne qui, en retour, va aider l’économie de l’UE à rester compétitive dans une économie mondiale globalisée", notamment dans les secteurs automobile et électronique.

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