Centenaire du code de l’urbanisme: Une célébration mêlée au conflit de compétences

Centenaire du code de l’urbanisme: Une célébration mêlée au conflit de compétences

En attendant la commémoration, le 10 décembre à Skhirat du centenaire du Code de l’urbanisme sous le Haut patronage de SM le Roi, les colloques s’enchaînent.

A commencer par celui initié lundi par l’Ecole nationale d’architecture de Rabat qui a bien voulu, selon son directeur, célébrer ce document «à sa manière». «Cet événement est une occasion de dresser un bilan et projeter des perspectives, voire réfléchir aux défis imposés par la dynamisation urbaine», a expliqué Hassan Radoine, qui chapeaute ce haut-lieu de savoir.

Selon le directeur, cet établissement a, à son tour, contribué à la planification citadine puisque «les architectes accompagnent les citoyens et les décideurs». Mohand Laenser a, pour sa part, abondé dans le sens de la réflexion, «de l’introspection et analyse au moins pour les dix années à venir, notamment en ce qui concerne le mode de vie des citoyens».

Quand même, un siècle est important à ses yeux. «Mais, le Maroc a changé en cent ans», a objecté le ministre de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire national qui ne veut pas que «cette commémoration soit un acte de festivité».

Et c’était à Mohamed Nabil Benabdellah de rétorquer à Mohand Laenser qui s’est doté d’un chapelet à l’issue de son intervention. «100 ans, c’est très bien, cela veut dire qu’il y a du sérieux», a martelé le ministre de l’habitat, et de la politique de la ville. Pour lui, le pays a des acquis prestigieux en la matière.

«Nous sommes dans un pays qui n’a pas attendu l’acte colonial pour être doté d’orientations et organisé en urbanisme», a-t-il remonté le temps tout en faisant allusion aux médinas. «Aussi nous avons eu une entrée moderne à partir du dernier siècle malgré quelques dérives», a reconnu le ministre en se projetant dans l’avenir.

Ces dérapages sont dus, selon lui, à l’exode rural qui va continuer. «Il faut s’attendre, dans les années à venir, à 7 millions de personnes issues du milieu rural qui s’installeront dans les villes. C’est énorme et c’est une tâche difficile!», a-t-il détaillé en s’interrogeant sur une anticipation pour absorber cet exode.

Pour ce faire, il conviendrait de se situer dans un accompagnement des politiques publiques et une approche tenant compte de la difficulté du réel et œuvrant dans les perspectives. Des blocages existent dans ce sens comme l’a souligné M. Benabdellah. «Pour les combattre, il ne faudrait pas se contenter de lois. Il serait plutôt utile de disposer d’élites locales. De quoi commencer un nouveau centenaire», a-t-il conclu.

Lahcen Daoudi, qui était également de la partie, n’a pas manqué de citer son thème de prédilection. «Nous voulons que l’ENA s’intéresse à la recherche scientifique», a entériné le ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de la formation des cadres. Par rapport à l’urbanisme, il a estimé que «la culture des villas est grave pour le Maroc».

«Il faudrait revoir nos rapports avec l’habitat. Et c’est le rôle des architectes qui sont censés sensibiliser les citoyens», a-t-il recommandé. Il a saisi cette occasion pour annoncer l’ouverture prochaine du Prix Fatima Al Fihria destiné à mieux mettre en valeur la femme marocaine et musulmane. Une consécration portant le nom de la femme ayant fondé la première université au monde.

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