Christian Louis-Victor: «Le développement durable sera intégré dans notre cursus par doses successives»

Christian Louis-Victor: «Le développement durable sera intégré dans notre cursus par doses successives»

Questions à Christian Louis-Victor, président de l’Ecole supérieure des professions de l’immobilier (ESPI)

Le développement durable dans les métiers de l’immobilier est un sujet sur lequel les gens se posent de plus en plus de questions. Afin de répondre à certaines d’entre elles, nous sommes allés à la rencontre de Christian Louis-Victor, président de l’ESPI.

ALM : Comment comptez-vous introduire la notion de développement durable dans le cursus de l’ESPI ?

Christian Louis-Victor : L’intégration de tout ce qui touche au développement durable, du moins dans sa connectique avec le monde de l’immobilier de la construction, c’est intégrer tout ce qui touche à la numérisation des immeubles dans des modules de formation. Nous travaillons aussi sur des modules existants pour y intégrer certaines données sur tout ce qui tourne autour du développement durable.

Bien entendu, ce genre de changement ne peut pas se faire comme ça, du jour au lendemain. Il faut y aller par doses successives. Il faut éviter aussi de l’intégrer trop vite, de façon à ce que ce soit tout de suite généralisé et à ce que les gens ne voient pas la connectique avec les problèmes du quotidien. C’est un peu comme lors de la construction d’un texte. Il faut qu’il soit bien écrit avec des points, des virgules, de la ponctuation. Donc je dirais que dans tout ce qui touche aujourd’hui au développement durable il faut voir comment ça peut toucher, de quelle manière ça peut toucher, mais il faut aussi le vendre comme un plus par rapport à chaque métier de l’immobilier. Tout cela va être intégré de manière graduelle au sein des modules de l’ESPI. Cela nécessite de trouver de nouveaux types de professeurs. Parce que les professeurs de formations classiques n’ont peut-être pas encore intégré toutes les nouvelles notions. Ils restent basés sur des fondamentaux.

Quelle sera l’influence de la numérisation par rapport au métier de l’immobilier ?

L’influence de la numérisation est considérable. Numériser un immeuble coûte à peu près 1.000 euros (11.000 dirhams), mais une fois que l’immeuble est effectivement numérisé c’est un gain de temps considérable par rapport aux adaptations futures qu’il y aura à y faire, notamment en ce qui concerne la consommation, l’individualisation de la consommation et ce, sans toucher à la qualité du vivre-ensemble. Au contraire, cela permettra l’amélioration de cette qualité et évitera tous les pôles conflictuels.

Quel sera l’avenir de votre école au sein du Maroc ?

La vision que nous avons globalement est que nous devons être extrêmement vigilants sur la qualité des enseignements. Il faut définir une doctrine de composante de formation, et là-dessus je serai intransigeant. Cela va aussi nécessiter des professeurs qui sont à la hauteur, donc souvent des jeunes qui sont capables d’intégrer les nouvelles techniques, telle la numérisation, mais qui ont aussi des formations assez traditionnelles, ce qui s’avère assez difficile. Dans la diversification géographique de l’ESPI, il va falloir se concentrer sur des zones et des secteurs où nous aurons les structures d’accueil en matière de formation des enseignants. Mais ce n’est pas tout. Cela nécessitera la mutation du corps professoral de manière intensive, mais aussi nous adapter à la culture immobilière locale. Nous voulons faire cela sans oublier de rester centrés sur la doctrine de base de l’ESPI.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *