Dans une conjoncture mitigée pour l’immobilier: Les ventes de ciment frémissent en 2015

Dans une conjoncture mitigée pour l’immobilier: Les ventes de ciment frémissent en 2015

Finalement, les cimentiers marocains s’en sont bien sortis en 2015. Aussi, bien que mitigées, les ventes de ciment ont réussi à garder le cap. Il faut dire que face à la morosité qui caractérise le secteur immobilier depuis quelques années déjà, la consommation, et donc les ventes, de ciment au Maroc avait fini par montrer des signes évidents d’essoufflement avant de se reprendre en cette année 2015.

Ainsi, bien qu’en deçà des réalisations record des années d’or de l’immobilier, les chiffres des ventes ont légèrement frémi après d’importantes hausses enregistrées au cours des mois de janvier, avril, juillet, août, octobre et novembre. Ainsi, même le recul des ventes de ciment au cours du mois de décembre n’a pas réussi à ébranler la hausse enregistrée sur l’année.

C’est ce qui se dégage des chiffres relatifs à l’évolution de la consommation nationale de ciment à fin décembre 2015 publiés par le ministère de l’habitat et de la politique de la ville. À noter que depuis l’année 2012, les ventes de ciment se sont inscrites en repli de 1,6%, puis de 6,4% en 2013 et de 5,4% en 2014. Une saga de reculs qui a pris fin en cette année 2015 avec une évolution positive des chiffres des ventes de ciment. En effet, le recul annuel a été résorbé en faveur d’une embellie de 1,36%. En effet, la consommation cumulée de ciment sur tout le Maroc s’est élevée à 14.251.456 tonnes en 2015 contre 14.059.947 tonnes en 2014.
Cette embellie reste toutefois timide vu la rareté et la cherté du foncier, notamment dans les régions de Casablanca et Rabat, et le renchérissement du coût de la construction qui demeure un handicap pour les promoteurs.

A noter que le secteur souffre d’une conjoncture difficile qui trouve son origine dans le climat d’attentisme qui caractérise le comportement des investisseurs et dans le recul de la demande, aussi bien nationale qu’étrangère. Cependant, face à cette morosité sectorielle, les analystes de la place et les professionnels du métier restent optimistes en tablant sur une imminente reprise. Selon eux, eu égard au déficit actuel non encore résorbé en termes de logements sociaux évalué à 580.000 logements et au coefficient relativement faible en termes de consommation de ciment évalué à 487 kg/hab/an contre 645 kg/hab/an pour la Tunisie, le potentiel de développement du secteur demeure très important.

Casablanca, plus grand consommateur de ciment au Maroc

Les évolutions des ventes de ciment par région laissent paraître que la région de Guelmim-Es-Smara a accusé la plus forte baisse des ventes de ciment sur tout le Royaume au cours de la période allant de janvier à fin décembre 2015. Les ventes y ont reculé de 13,8% passant de 181.897 tonnes à fin décembre 2014 à 156.836 tonnes à fin décembre de l’année écoulée. Pour sa part, la région du Grand Casablanca, qui détient le record des ventes de ciment en termes de quantité avec 1.768.273 tonnes de ciment consommées à fin décembre 2015, a enregistré un recul conséquent de 5,9% d’une année à l’autre, après avoir enregistré la vente de 1.879.241 tonnes en 2014.

Par contre, la région Oued Eddahab-Lagouira aura consommé à fin décembre 2015 près de 38.822 tonnes de ciment contre seulement 24.125 tonnes à la même période en 2014, marquant ainsi la hausse la plus importante des ventes de ciment du Royaume chiffrée à 60,9%. Un exploit largement en tête puisque la deuxième marche du podium revient à la région de Doukkala-Abda avec une évolution de seulement 22,5% entre 2014 et 2015.

Par contre en quantité, cette hausse est très importante puisque la région de Doukkala-Abda a consommé pour 1.252.528 tonnes de ciment en 2015 contre seulement 1.022.111 tonnes en 2014.

 

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