Des agences à tout faire

Des agences à tout faire

Pour acheter, vendre ou louer une maison ou un local commercial, le passage par un agent immobilier est pratiquement incontournable. Les agences immobilières se sont multipliées au Maroc parallèlement au boom qu’a connu le secteur.
Un développement qui s’est cependant effectué dans une totale absence de juridiction. Ouvrir une agence immobilière n’est en effet soumis à aucune autorisation. La carte de transaction, donnée aux professionnels du secteur dans différents pays européens, en France notamment, garante des droits et des obligations de chacun, agent et client, n’existe pas au Maroc où aucune loi ne régit la profession immobilière. « Cette absence de législation nuit beaucoup au secteur dans la mesure où le premier venu est agent immobilier », explique François Queval, directeur général de l’agence Albâtre.
Et d’ajouter : «Dans n’importe quelle ville du Maroc, les gardiens de parkings et les concierges, pour ne citer que ceux-ci font office d’agents immobiliers ». C’est ce qui fait que pour la plupart des Marocains, agent immobilier se confond avec l’image d’un «samsar » ou homme à tout faire. Il demeure à l’affût de la belle occasion pour l’offrir à ses clients. «Cette situation de vide juridique dissuade de nombreux étrangers à venir investir au Maroc.
Habitués à évoluer dans leur pays d’origine dans un secteur régi de A jusqu’à Z, ils se retrouvent au Maroc à l’affût de tous genres d’abus pour la simple raison qu’ils ne savent pas exactement vers qui se diriger pour acquérir un bien immobilier. Ce qui bien évidemment influe négativement sur l’image du Maroc». Avoir recours à une agence immobilière est censé apporter une sorte de garantie au client ; mais c’est loin d’être le cas en pratique», précise un agent immobilier.
Ce flou juridique s’intensifie quand il s’agit de rémunération de l’agent immobilier. Cette dernière n’est en effet pas fixée. Elle peut passer d’un mois de loyer à un pourcentage sur le montant global d’une vente ou d’un achat. « Mais la pratique de tous les jours veut que la rémunération de l’agent immobilier se discute avec les protagonistes de la transaction en fonction de l’effort fourni, de la nature du conseil et la disponibilité de l’agent tout au long de la transaction », explique un autre professionnel du secteur.
Plusieurs tentatives de fédération du secteur ont été menées pour essayer de trouver des remèdes à ce flou. Un syndicat des agents immobiliers a même été créé mais il n’a pas pu avancer les choses.
Quels sont les services fournis par une agence immobilière ? En matière d’immobilier, une agence peut tout faire : vendre, acheter, conseiller, louer et même gérer un patrimoine immobilier. Cette gestion est un métier relativement récent au Maroc et concerne, dans la plupart des cas une gestion d’un patrimoine locatif. Dans ce cas, l’agent immobilier s’occupe de tout : de l’évaluation de la valeur locative du bien à la recherche du locataire et sa mise en place, en passant par la rédaction du contrat de bail. Certaines agences proposent même d’établir les règlements à date fixe (virement ou chèque bancaire), les quittances, d’assumer les contentieux avec les éventuels locataires, d’intervenir dans la maintenance du patrimoine locatif ainsi qu’effectuer le paiement des charges locatives.
Toujours dans le sillage des nouveautés, plusieurs agences immobilières se sont intéressées à un nouveau créneau, celui de la gestion du syndic de copropriété. « Une tendance très prisée par les jeunes propriétaires qui désirent prendre soin de leur bien. Ils délèguent ainsi à des professionnels la gestion du syndic de copropriété », estime François Queval.
Dans ce cas-ci, l’agence prend en charge tout ce qui a trait à l’administration quotidienne des parties communes. Elle tient la comptabilité de la copropriété ainsi que les comptes des copropriétaires. Mais cette diversification des services, prônée par de plus en plus d’agences immobilières, n’est pas au goût de tout le monde. « Il est très intéressant de voir sur le marché une agence qui offre de conseiller et de gérer de nombreuses choses à la fois. Mais il faudrait d’abord qu’elle détienne le savoir-faire nécessaire pour y arriver. Ce qui est loin d’être le cas au Maroc. S’occuper d’un syndic de copropriété dans un immeuble comptant une cinquantaine d’appartements, par exemple, n’est pas une chose aisée ».

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