El Mouloudi Benhamane : «Les professionnels explorent les pistes de résilience et de rayonnement»

El Mouloudi Benhamane : «Les professionnels explorent les  pistes de résilience et de rayonnement»

Entretien avec El Mouloudi Benhamane, président de la FNBTP

Le secteur du bâtiment et des travaux publics passe par une conjoncture difficile qui perdure depuis 2012. Ceci est le résultat de la raréfaction des ressources financières qui s’est traduite par une inflexion vers la baisse de l’investissement public.

ALM : Le Salon BTP Expo et Forum BTP revient après 7 ans d’arrêt. Comment justifiez-vous cette absence ?

El Mouloudi Benhamane: En effet, la dernière édition du BTP Expo a été tenue en mai 2010. La suivante devait être organisée en 2012. Mais, exactement, cette année-là, le secteur a connu une inflexion de la conjoncture, en l’occurrence une baisse de la commande publique et la crise  qui a sévi dans le secteur de l’habitat. Le secteur qui, notamment à travers les entreprises, créait entre 2002 et 2012 plus 60.000 emplois nets en moyenne par année, commença à en perdre.

Peut-on dire que vous avez franchi ce cap aujourd’hui et rompu avec les difficultés du passé ?

Cette conjoncture n’est pas encore dépassée mais nos entreprises explorent avec succès des pistes pour gagner en résilience et en rayonnement, notamment à l’international et en Afrique. Malgré cette situation difficile, la Fédération nationale du BTP (FNBTP) a à son actif de belles réalisations sur la période 2012-2016. Citons particulièrement l’adoption de nouvelles améliorations à l’arsenal réglementant l’activité des entreprises (Décret des marchés publics, cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés de travaux, délais de paiements…) ainsi que l’ inauguration royale de la plus importante école de formation aux métiers de BTP d’Afrique à Settat, au sud de Casablanca.

Comment se porte le secteur du BTP?

Comme je l’ai indiqué, le secteur du bâtiment et des travaux publics passe par une conjoncture difficile qui perdure depuis 2012. Ceci est le résultat de la raréfaction des ressources financières qui s’est traduite par une inflexion vers la baisse de l’investissement public.  Malheureusement, notre secteur qui est vital pour l’économie du pays par sa contribution majeure à la création des richesses et des emplois et à la construction du pays continue de souffrir de cette situation. L’informel continue en effet de progresser dans les projets d’habitat. Certains promoteurs continuent à faire appel à des entreprises non qualifiées aux dépens de la qualité et de la sécurité. Les entreprises qualifiées sont rarement conviées à participer à ces réalisations.

Le contrat-programme du BTP tarde à voir le jour.  Pourquoi ?

Le contrat-programme est le fruit d’un long travail de concertation entre l’Etat représenté par ses ministères concernés et les deux Fédérations du BTP et du Conseil de l’ingénierie.

Cela s’explique par le fait qu’autant les professionnels que l’Exécutif ont eu le souci d’aboutir à une feuille de route réaliste et engageant véritablement toutes les parties prenantes sur des actions claires. Aujourd’hui, nous avons finalisé le contrat-cadre ainsi que les contrats d’applications avec  le ministère de l’équipement, du transport, de la logistique et de l’eau, et ce dernier est en train de négocier les versions définitives avec les autres ministères concernés.

Nous négocions, nous aussi avec ces ministères pour faire aboutir rapidement et lancer effectivement cette stratégie nationale pour le développement et le rayonnement de l’ingénierie et de l’entreprise nationale du BTP. Nous comptons signer ce contrat lors de l’ouverture du BTP Expo et Forum du BTP.  De notre part nous sommes prêts, la balle est du côté du gouvernement.

Quelles sont les grandes lignes de ce dispositif ?

Tout d’abord, ce deuxième contrat-programme institutionnalise la concertation entre les pouvoirs publics et les deux organisations professionnelles des secteurs de l’ingénierie et de l’entreprise du BTP et la place directement sous l’autorité du chef de gouvernement.

Sur la forme, nous allons signer un contrat-cadre avec le chef de gouvernement et des contrats d’application avec les ministres de l’équipement, des finances, de l’agriculture, de l’intérieur, de l’habitat, de l’éducation nationale et la formation professionnelle, du commerce et de l’industrie, des affaires étrangères. Le contrat-cadre décline les grands axes du contrat programme sur deux piliers : la mise à niveau du secteur et le développement de l’excellence et du rayonnement à l’international.

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