Fès : les bidonvillois font de la résistance

Fès : les bidonvillois font de la résistance

A Fès, la lutte contre l’habitat insalubre connaît des hauts et des bas. La résistance de certains bidonvillois ralentit le rythme de cette opération. Le ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme, Taoufiq Hejira, vient de l’avouer en assurant que le programme «Villes sans bidonvilles» connaît un problème exceptionnel à Fès. 
En effet, la capitale spirituelle du Royaume achèvera son programme de lutte contre l’habitat insalubre à l’horizon 2008. Dans ce sens, le département de tutelle veut mettre le paquet, mais fait face à des résistances. Des sites d’accueil existent bel et bien, mais certaines populations refusent de quitter leurs bidonvilles arguant la cherté des prix. C’est dire que l’opération de relogement est loin d’être une affaire de tout repos.
Après la construction de nouveaux abris répondant aux normes en vigueur, il faut arriver à convaincre les bénéficiaires de tourner le dos à leurs anciens foyers. C’est ainsi que le programme en question prévoit 700 logements à douar Laâskar en plus de l’aménagement de 2000 lots au quartier Aïn Smen. Au sein du ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme, on annonce que la population bénéficiaire de ce programme trouve que les prix de ces logements sont au-dessus de leurs moyens financiers et, partant, elle préfère sa baraque en taule et sans infrastructures sanitaires à un toit propre.
À cet effet, le département de Taoufiq Hejira déclare que des appartements valant 250.000 DH sur le marché immobilier sont proposés à 60.000 DH, tandis que d’autres coûtant 150.000 DH sont proposés à seulement 12.000 DH. Toutefois, il n’est toujours pas question de gratuité, mais de traitement au cas par cas. C’est d’ailleurs la démarche qu’a entreprise la Caisse de Dépôt et de Gestion concernant Douar Al-Kora, en chargeant l’Agence du développement social (ADS) du volet relogement. En cette année, Fès comptait 48 entités bidonvilloises accueillant 7.420 ménages sur une superficie globale de 63 hectares. En plus de ces deux anciens quartiers bidonvillois (douar Laâskar et Aïn Smen), à Fès on compte pas mal de poches disséminées à travers la ville.
Il s’agit précisément de Griou à Hay Soukaïna, Sid El Hadi à Zouagha, Hafrat Ben Slimane près de Jnanates, Bleds Tahryine et Benslimane. Le programme de lutte contre l’habitat insalubre à Fès prévoit la résorption totale de ces foyers d’habitat insalubre à l’horizon 2007. En effet, la capitale spirituelle ressemble aujourd’hui à un chantier à ciel ouvert.
La restructuration concerne bien d’autres quartiers de la ville, notamment le Triangle touristique. On désigne par cette appellation Moulay Driss, Quaraouyine et Sidi Ahmed Tijani. Ce projet de réhabilitation mené par le holding d’aménagement immobilier  « Al Omrane », consiste en la restauration de la mosquée Quaraouyine, de la Medersa Cherratine et de deux fondouks. Par ailleurs, ce projet d’un coût global de 60 millions DH, sera financé conjointement par le ministère des Habous et des Affaires islamiques et le ministère délégué chargé de l’Habitat et de l’Urbanisme ainsi que la commune de Fès. Le projet de réhabilitation du Triangle touristique comprend également une aide au renforcement des constructions, un pavage des principales voies et l’entretien des façades et de l’éclairage public.

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